Un pari d’investissement pour résister aux vents contraires
Confronté aux coupes budgétaires, à la non-indexation des aides et au moratoire sur certaines reconnaissances, le Centre des Métiers d’Art de La Spirale, à Natoye (Hamois), engage un virage stratégique: la construction d’une salle de 140 m² vouée en grande partie à la location. Objectif affiché: consolider des recettes propres dans un contexte public moins favorable au secteur culturel.
La structure, reconnue dans la province de Namur pour ses expositions et ses activités, fonctionne déjà avec une part importante d’autofinancement. Selon la direction, la proportion de fonds propres atteint désormais 62% par an, soit environ 300.000 € nécessaires au fonctionnement courant. Les incertitudes qui pèsent sur les subventions poussent l’asbl à accélérer sa diversification.
« Nous fonctionnons avec 40 % de subsides et les 60 % restants sont à trouver via les activités que nous organisons. On a fait notre trou nous-mêmes et on avance comme ça », déclarait le directeur en 2025, avant de prévenir: « Peut-être qu'ils seront de 25 % dans les prochaines années. On ne sait pas. La culture vit des jours difficiles qu'on anticipe. »
Un chantier ciblé, un calendrier serré
Le projet se déploie à l’arrière du bâtiment principal, à l’emplacement d’un ancien préau et d’une scène extérieure peu exploités. Les travaux ont débuté il y a un peu plus d’un mois. À la mi-juillet, fondations, revêtement de sol et une partie des murs étaient réalisés. La mise en service est visée pour le 15 octobre. Le budget de 300.000 € est couvert par des fonds propres via un emprunt bancaire.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Surface | 140 m² |
| Budget | 300.000 € (emprunt) |
| Part des fonds propres (fonctionnement annuel) | 62% (~300.000 €) |
| État du chantier (mi-juillet) | Fondations, sol, murs partiels |
| Ouverture visée | 15 octobre |
La location comme levier « rapide à activer »
La destination première de la nouvelle salle est la location, pensée comme une source de recettes « facile à mettre en place », à l’image de ce que pratiquent déjà certains centres culturels. L’usage sera prioritairement professionnel en journée.
- Accueil d’entreprises pour des team buildings et des conférences.
- Pas de location pour mariages ou événements festifs similaires, précise la direction.
- Atout d’accessibilité: proximité de la E411 et de la ligne de chemin de fer.
La position jugée « assez centrale » dans la province doit favoriser une clientèle venant « d’un peu partout en Wallonie ». La direction mise également sur le cadre du site, connu pour ses métiers d’art, afin de différencier l’offre par rapport à des salles plus standardisées.
Un contexte sectoriel sous pression
Au-delà du cas de Natoye, le mouvement de diversification traduit une tendance plus large dans le secteur culturel, contraint d’absorber la hausse des coûts, l’érosion des aides et l’incertitude sur les futures enveloppes. À La Spirale, l’effort pour réduire la dépendance aux subsides s’inscrit dans une stratégie de long terme: sécuriser des revenus récurrents, limiter l’exposition aux aléas des décisions politiques et préserver l’activité artistique.
Le centre avait anticipé dès 2025 la nécessité d’accroître ses recettes propres. Aujourd’hui, l’investissement dans cette salle constitue une étape supplémentaire, avec un horizon proche pour la mise en location. D’ici là, le gros de l’enjeu sera de tenir le calendrier, finaliser les aménagements et affiner l’offre tarifaire et logistique pour capter une demande d’entreprises en recherche d’espaces facilement accessibles en province de Namur.
Ce qu’il faut retenir
- Une nouvelle salle de 140 m² en construction à Natoye, ouverture visée le 15 octobre.
- Un budget de 300.000 € financé par emprunt, dans un contexte de subsides en baisse potentielle.
- Un positionnement axé sur la location professionnelle (journée), sans accueil d’événements festifs.