Un été brûlant met en lumière une faiblesse structurelle
La fin juin a agi comme un révélateur. Face à des températures extrêmes, plusieurs lignes du TEC Hainaut ont été suspendues entre 13h30 et 17h pour protéger chauffeurs et voyageurs, suite à des malaises signalés. En commission au Parlement wallon ce lundi, des élus hennuyers ont replacé la question des bus climatisés au centre des priorités, pointant un net décrochage de la province par rapport au reste de la Wallonie.
Un taux d’équipement inférieur à la moyenne wallonne
Le constat chiffré est sans ambiguïté : dans les zones du Centre, de Mons-Borinage et de Wallonie picarde, à peine 29 % des véhicules sont dotés d’une climatisation complète pour les passagers et les conducteurs. C’est la proportion la plus basse parmi les entités du TEC, loin derrière la moyenne régionale.
| Région TEC | Part de bus entièrement climatisés |
|---|---|
| Hainaut (hors Charleroi) | ≈ 29 % |
| Charleroi | ≈ 60 % |
| Liège-Verviers | ≈ 59 % |
| Namur-Luxembourg | ≈ 58 % |
| Wallonie (moyenne) | ≈ 53 % |
Ce différentiel s’est traduit très concrètement lors du dernier épisode caniculaire : des services ont été interrompus dans les tranches les plus chaudes de la journée, à l’exception notable de Charleroi, où la part de bus climatisés est nettement supérieure.
Des choix passés, un cap affiché
Interpellé, le ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes (Les Engagés) a reconnu le retard accumulé en Hainaut. Il l’explique par des arbitrages d’investissement antérieurs à la fusion des anciennes sociétés TEC. Il assure néanmoins que la trajectoire s’inverse : depuis 2017, tout achat de bus comprend une climatisation intégrale, et les nouveaux véhicules électriques sont également livrés avec cet équipement.
Deux jalons sont annoncés :
- Porter la proportion de bus entièrement climatisés à 72 % d’ici 2029.
- Atteindre 100 % d’équipement en 2032.
Le ministre a replacé ces objectifs dans le contexte d’une flotte évaluée à environ 1 850 véhicules, ce qui donne la mesure des remplacements à opérer au fil des années.
Des conséquences tangibles pour les usagers
Pour une partie du public hennuyer, le bus reste l’unique moyen de se rendre au travail, à un rendez-vous médical ou aux commerces. Les suspensions en heures critiques, même temporaires, ont donc un effet concret sur la vie quotidienne. En période de forte chaleur, la climatisation constitue par ailleurs un enjeu de santé au travail pour les conducteurs et de confort – voire de sécurité – pour les passagers.
En attendant une amélioration structurelle, les usagers ont intérêt à surveiller la communication opérationnelle du TEC en cas de canicule ou d’alerte météo. Les informations en temps réel sur les éventuels allégements d’offre et sur les lignes touchées permettent d’anticiper des alternatives de déplacement.
Un rattrapage attendu dans les bassins les plus exposés
Les chiffres montrent que la progression devra se concentrer en priorité dans les zones du Centre, de Mons-Borinage et de Wallonie picarde, davantage exposées aux interruptions. À l’inverse, Charleroi part d’une base d’équipement plus élevée. La mise à niveau, via l’intégration continue de bus climatisés (dont des modèles électriques), devrait réduire les distorsions territoriales au cours des prochaines années.
À court terme, l’enjeu sera de traverser l’été en limitant les perturbations, dans un contexte où les vagues de chaleur extrêmes se répètent. À moyen terme, l’atteinte des seuils de 72 % puis 100 % constituera un test de crédibilité pour la stratégie d’investissement régional, et un indicateur tangible d’amélioration du service en Hainaut.