Le tribunal correctionnel a rendu son verdict dans un dossier mêlant abus de confiance et fraude informatique, portant sur l’utilisation détournée d’une carte carburant appartenant à une société de la région de La Louvière. Sur les trois hommes renvoyés devant la juridiction, un seul a été reconnu coupable, selon l’arrêt prononcé récemment.
Les faits établis par l’enquête
Le prévenu déclaré coupable, mari de la dirigeante de l’entreprise concernée, a reconnu avoir remis la carte essence à des fournisseurs de stupéfiants. Selon ses propres déclarations, il souffre d’une toxicomanie ancienne — environ vingt ans — et échangeait l’accès au carburant contre de la cocaïne.
L’instruction a permis d’établir un rapport quantitatif entre carburant et drogue : environ 400 euros de pleins permettaient d’obtenir quatre doses de cocaïne. Le mécanisme incriminé relève donc d’un double préjudice, financier pour la société et sanitaire pour l’auteur lui‑même.
Décision judiciaire et conséquences pénales
Pour la prévention d’abus de confiance, le tribunal a suivi l’analyse du ministère public et condamné le principal mis en cause. En revanche, faute de preuves suffisantes, les deux autres prévenus ont été acquittés pour la prévention de fraude informatique — la charge reprochée initialement par le parquet.
Le jugement accorde toutefois au condamné une mesure de clémence technique : la prononciation de la condamnation est suspendue pendant trois ans. Concrètement, cette suspension évite l’inscription d’une peine au casier judiciaire si le condamné ne commet pas de nouvelle infraction durant ce délai.
Réparations civiles et tensions en audience
Sur le plan civil, le tribunal a enjoint le condamné à indemniser la société dirigée par son ancienne compagne. Le montant que devra rembourser le prévenu a été chiffré à plus de 50.000 euros, selon la décision.
Les débats à l’audience ont parfois été vifs. Deux des prévenus se sont opposés fortement, chacun contestant la version de l’autre, obligeant la présidente à reprendre la procédure pour rétablir l’ordre dans la salle.
« Seul le mari de la gérante a été reconnu responsable pénalement pour l’abus de confiance, » note le jugement qui suit la réquisition du ministère public.
- Un seul condamné pour abus de confiance ; les deux autres acquittés pour fraude informatique.
- Échange établi : environ 400 € de carburant pour quatre doses de cocaïne.
- Suspension du prononcé de la condamnation sur trois ans ; plus de 50.000 € réclamés au civil.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Montant carburant pour échange | ~400 € |
| Nombre de doses obtenues | 4 |
| Suspension du prononcé | 3 ans |
| Indemnisation civile | Plus de 50.000 € |
Pour les habitants de la région de Soignies et du Borinage, cette affaire illustre plusieurs enjeux : la vulnérabilité des entreprises aux détournements internes, l’impact social et sanitaire de la consommation de drogues, ainsi que la difficulté pour le ministère public à prouver des délits connexes comme la fraude informatique quand les éléments matériels manquent. Le jugement adresse une sanction au plan pénal et un redressement financier au plan civil, tout en laissant une ouverture – la suspension du prononcé – qui vise à encourager une réinsertion sans marquage judiciaire si aucune récidive n’est constatée.
La décision peut encore faire l’objet de voies de recours, mais en l’état elle constitue une réponse judiciaire circonstanciée aux faits tels qu’ils ont été établis par l’enquête et débattus en audience.