Condamnation et motifs
Le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles a rendu jeudi une décision contre un agent de la zone Bruxelles-Ouest. Il l'a condamné à trois ans de prison avec un sursis de cinq ans pour un vol d'argent liquide commis en août 2025, ainsi que pour une consommation de cocaïne constatée en février 2025 dans les toilettes du commissariat.
Durant le procès, le prévenu contestait avoir dérobé les 525 euros retrouvés manquants. Le tribunal s'est appuyé sur les images des caméras de surveillance situées dans le local où sont entreposés les sacs de saisies pour établir que l'agent avait manipulé ces sacs pendant son service.
Sanctions complémentaires et mesures ordonnées
Outre la peine principale, le jugement comporte plusieurs conséquences pratiques pour l'agent :
- Interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans (peine ferme).
- Obligation de suivre une prise en charge médico-sociale destinée à traiter sa consommation de stupéfiants.
- Suspension du fonctionnaire depuis l'ouverture de l'enquête.
« La confiance sociale ne peut se contenter d'une condamnation purement déclarative. »
Le tribunal a justifié ces mesures en soulignant la portée de la faute et l'atteinte portée à la confiance des citoyens envers les services de police. Le ministère public avait requis une peine de deux ans ; le juge a cependant estimé la situation suffisamment grave pour alourdir la sanction.
Éléments factuels relevés par le tribunal
Le jugement mentionne également la découverte, parmi les effets personnels du prévenu, de plusieurs objets appartenant à la zone de police. On y relève notamment :
- plus de six radios portatives ;
- une caméra corporelle ;
- une balance de précision.
Le tribunal retient que l'agent « avait l'habitude de détenir sans raison objective des objets appartenant à la zone de police ». Poursuivant son raisonnement, la chambre a considéré que les infractions — vol et consommation —, bien que séparées de six mois, s'inscrivaient dans une même unité d'intention liée à la toxicomanie du prévenu.
Contexte humain et répercussions locales
Au cours de son audition, le prévenu a plaidé une situation personnelle difficile : il faisait état d'un arrêt de travail de plusieurs mois consécutif à un épisode d'épuisement professionnel. Le tribunal a pris ces éléments en compte mais les a jugés insuffisants pour écarter la responsabilité pénale ou les sanctions disciplinaires.
Pour les résidents d'Ans comme pour ceux d'autres communes liégeoises, cette affaire pose des questions concrètes sur les mécanismes de contrôle interne au sein des services de police et sur les garanties de transparence envers le public. Si la décision de la justice vise à restaurer la confiance, elle met aussi en lumière la nécessité d'un suivi médico-social et disciplinaire efficace au sein des forces de l'ordre.
Récapitulatif des faits et des peines
| Infraction | Période | Sanction |
|---|---|---|
| Vol de liquide (sacs de saisies) | août 2025 | Inculpation et condamnation (inclus dans la peine de 3 ans avec sursis) |
| Consommation de cocaïne (toilettes du commissariat) | février 2025 | Inculpation et condamnation |
| Interdiction d'exercer | -- | 5 ans ferme |