Un problème local aux racines nationales
La question du narcotrafic a dominé une partie des échanges lors du conseil communal de Seraing de ce 7 septembre. Interpellée par le groupe PTB sur la présence de trafics de drogues dans les rues et certains quartiers, la majorité socialiste a reconnu des difficultés concrètes sur le terrain, mais a redirigé une partie de la responsabilité vers des contrôles d'envergure nationale.
Damien Robert, chef de groupe PTB, a rappelé le double constat : «un manque de moyens pour mener une répression efficace sur notre territoire et un manque de moyens pour agir sur les causes profondes (pauvreté, contrôle de quartiers, dynamisation commerciale)». La demande du groupe est claire : davantage de policiers et de ressources pour la prévention et la répression locale.
La bourgmestre met en lumière l'axe logistique
La bourgmestre Déborah Géradon a expliqué que les drogues qui circulent dans les rues sérésiennes ne naissent pas ici : elles transitent par des points d'entrée majeurs, notamment le port d'Anvers. Elle a cité des chiffres récents pour illustrer l'ampleur du phénomène :
| Année | Quantité saisie (cocaïne) |
|---|---|
| 2025 | 55 tonnes |
Selon les estimations mentionnées en séance, seules 10 % des cargaisons seraient saisies, ce qui conduirait aux ordres de grandeur avancés par la bourgmestre : environ 550 tonnes de cocaïne ayant transité par le port sans être contrôlées en 2025. Sur cette base, elle a plaidé pour davantage de contrôles au niveau national afin de « fermer le robinet ».
« Nous sommes une digue, mais si, à un moment donné, on ne ferme pas le robinet qui se trouve derrière, c'est certain que cette digue finira par céder. »
Quelles conséquences pour Seraing ?
Les élus ont rappelé que, quelle que soit l'origine, ce sont les communes qui subissent les conséquences : dégradation de certains quartiers, pression sur le commerce local, insécurité ressentie par les habitants. Le débat a permis d'identifier plusieurs priorités locales :
- Renforcer les moyens policiers et la présence sur le terrain ;
- Développer des actions sociales pour réduire la précarité et l'économie parallèle ;
- Obtenir davantage de coordination et de contrôles aux points d'entrée nationaux comme le port d'Anvers.
À Seraing, la question reste ainsi double : il faut à la fois des réponses immédiates pour protéger les quartiers et une implication au niveau national pour réduire les flux illicites à la source. Les élus locaux entendent poursuivre les demandes de moyens et de coordination auprès des autorités fédérales et régionales afin d'éviter que la « digue » locale ne cède.