Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a formellement proscrit l’emploi, sur le terrain, de la technique de contention dite « hogtie » — consiste à lier mains et chevilles d’une personne en décubitus ventral puis rapprocher les liens derrière le dos — suite à la diffusion d’un rapport de coroner concernant le décès d’un homme en crise au printemps 2025.
Mesure interne et cadre de formation
Une note de service, transmise récemment à l’ensemble des effectifs montréalais, rappelle que cette manière de maîtriser un individu « ne fait pas partie des enseignements officiels » dispensés par l’École nationale de police du Québec ni par le SPVM, a indiqué le directeur adjoint Marc Charbonneau lors d’une audition de la Commission de la sécurité publique du conseil municipal.
« Ce n’est pas une technique qui est enseignée officiellement, ni par l’École nationale [de police du Québec], ni par le SPVM. »
Contexte du dossier
La décision interne intervient après la publication du rapport du coroner sur la mort d’Abisay Cruz, ressortissant du Honduras, survenue dans le quartier Saint-Michel en mars 2025. Selon le rapport, M. Cruz se trouvait en crise après une consommation de cocaïne et avait, au début de l’intervention, un objet ressemblant à un bâton de métal. Face à la « persistance de cet état de crise », les policiers l’auraient menotté aux mains et aux pieds.
Le coroner relate que la personne a été maintenue en position ventrale pendant « plus de deux minutes » alors qu’un agent exerçait partiellement son poids sur son dos. Par la suite, M. Cruz a été transporté « dans une position s’apparentant » à la technique de hogtie jusqu’au trottoir où les services paramédicaux ont pris en charge la situation. Des témoins civils ont, pour leur part, affirmé que l’homme coopérait avec les policiers.
Conséquences et questions soulevées
La prohibition interne du SPVM réactive le débat sur l’impact des techniques de contention extrêmes sur la sécurité des personnes en crise et sur la formation des intervenants. Les éléments publiés par le coroner mettent en lumière plusieurs points :
- la durée et la position de mise en contrainte d’un individu en crise ;
- l’effet du poids d’un intervenant sur le dos d’une personne maintenue en position ventrale ;
- les divergences entre le récit des témoins civils et celui consigné par l’enquête.
La note interne du SPVM s’inscrit dans une démarche de prévention et de clarification des pratiques. Elle n’équivaut pas à une admission de responsabilité; le rapport du coroner et les avis des autorités médicales et judiciaires continueront d’orienter les suites potentielles.
| Élément | Information connue |
|---|---|
| Date du décès | mars 2025 |
| Lieu | quartier Saint-Michel, Montréal |
| Technique proscrite | hogtie (pieds et poings liés, rapprochés derrière le dos) |
Les autorités municipales et policières n’ont pas annoncé de changement immédiat dans les protocoles disciplinaires, mais la diffusion de la note marque un tournant dans la manière dont le SPVM souhaite encadrer les interventions sur des personnes en crise. Les instances compétentes, dont le coroner, restent impliquées dans l’évaluation des circonstances entourant ce décès.