Un dossier local qui s'enlise entre accès public et propriété privée
À Liège, la tension monte autour du Bois Naniot, une petite zone boisée située entre les rues Naniot, des Neuves Brassines et le boulevard Léon Philippet. Depuis trois semaines, les entrées sont fermées par des grilles à l’initiative du propriétaire, relançant un contentieux ancien entre la Ville, l’ayant droit et des riverains attachés à ce passage de proximité. Samedi matin, des habitants des quartiers de Sainte-Walburge et Xhovémont se sont rassemblés aux abords des accès bouchés pour rappeler l’importance quotidienne de ces itinéraires informels.
Un pourvoi en cassation pour tenter de "sacraliser" les chemins
La semaine dernière, lors du conseil communal, la Ville de Liège a décidé d’introduire un pourvoi en cassation dans ce dossier. L’objectif annoncé est de sécuriser juridiquement l’usage de plusieurs sentiers traversant le site afin d’en maintenir l’accessibilité au public. La démarche n’a pas d’effet suspensif automatique: elle vise à faire contrôler par la plus haute juridiction l’application correcte du droit par les juges précédents, sans réexaminer les faits. En attendant, l’accès au bois demeure fermé, conformément à la décision de justice favorable au propriétaire intervenue plus tôt dans la procédure.
Un poumon vert de quartier et des usages du quotidien
Modeste par sa superficie, le Bois Naniot tient une place importante dans la vie de nombreux habitants. Il sert de coin ombragé lors des fortes chaleurs et de raccourci piéton entre les artères du quartier. Plusieurs témoignages rappellent l’ancienneté de ces usages et les effets concrets de la fermeture sur les trajets du quotidien.
« Il y a en effet trois chemins que tout le monde emprunte depuis toujours »
« Les jeunes l'utilisent pour se rendre aux arrêts de bus »
« Surtout avec les chaleurs que nous avons connues ces dernières semaines »
Ces propos, recueillis sur place auprès de riverains mobilisés, illustrent un attachement ancré dans la durée, alors que l’accès direct à certains services de proximité — comme les commerces du quartier — se trouve momentanément compliqué.
Le point de vue du propriétaire et l’enjeu foncier
Le propriétaire des parcelles, qui se trouvent en zone constructible, entend conserver la maîtrise de l’accès et de l’usage de son bien. Fort d’une décision de justice en sa faveur, il a fait poser des grilles aux différentes entrées du bois. Sa volonté de « valoriser » le site s’inscrit dans un cadre d’urbanisation possible, ce qui nourrit l’opposition d’une partie des habitants pour qui le bois doit rester accessible, ne fût-ce qu’au titre des trajets piétons habituels.
Ce qui est en jeu pour le quartier
- Mobilité piétonne: maintien ou non de chemins utilisés quotidiennement pour relier rues et arrêts de bus.
- Cadre de vie: préservation d’un espace ombragé apprécié lors des épisodes de chaleur.
- Sécurité juridique: clarification de la situation des sentiers au regard du droit et des décisions de justice.
Repères pratiques et suite de la procédure
En l’état, l’accès reste interdit par les grilles posées aux entrées du bois. La décision de se pourvoir en cassation enclenche une phase de droit où la Cour évaluera la correcte application des règles juridiques aux éléments du dossier. Aucune échéance n’a été communiquée à ce stade pour l’examen du pourvoi.
| Élément | Situation |
|---|---|
| Localisation | Entre rue Naniot, rue des Neuves Brassines et boulevard Léon Philippet |
| Quartiers concernés | Sainte-Walburge, Xhovémont |
| Statut actuel | Accès fermé depuis 3 semaines |
| Chemins en cause | Trois itinéraires piétons utilisés de longue date |
| Volet judiciaire | Pourvoi en cassation introduit par la Ville |
Pour les habitants, l’enjeu dépasse la simple traversée: il s’agit de conserver une continuité piétonne utile dans un secteur en pente, tout en protégeant un lieu vert familier. Du côté de la Ville, l’issue judiciaire visée vise à clarifier le statut de ces chemins. Quant au propriétaire, il maintient sa position de fermeture en attendant la suite des procédures.
Le face-à-face se poursuit donc sur un double terrain, social et juridique. En attendant un dénouement, les riverains entendent maintenir la pression publique, tandis que la Ville mise sur la voie judiciaire pour tenter de sécuriser l’usage des sentiers. Le calendrier de la Cour de cassation et les prochaines communications des parties seront déterminants pour la suite.