Un portrait théâtral de la perte de mémoire
La petite salle de Havelange accueille cet été « Ce qui reste », un seul en scène qui explore les glissements de la mémoire et les effets collatéraux de la maladie dite « de l'oubli ». À travers le personnage de Rose Petit, la pièce propose une lecture sensible et parfois lucide de ce que vivent les proches confrontés au déclin cognitif d'un être cher.
"Ce qui reste", c'est une hypothèse, un portrait.
La mise en scène opte pour la simplicité symbolique : une perruque et une chaise servent d'objets-fétiches, ouvrant des « portes » sur des souvenirs, des trous noirs et des réminiscences. Le ton oscille entre le comique et le tragique, ce qui permet au spectacle de rendre compte, sans lourdeur, de la dimension humaine et parfois grotesque des situations quotidiennes liées à la perte d'autonomie.
Une proposition artistique et sociale
La dramaturgie, signée et jouée par Pauline Moureau, questionne aussi notre rapport à la famille, au vieillissement et à la place du « dérangeant » dans nos vies. La grand-mère n'est pas seulement une victime ; elle devient, par moments, l'élément qui chamboule l'ordre établi — à la manière d'un artiste, d'un enfant ou d'un bouffon — et oblige l'entourage à inventer de nouvelles manières d'être ensemble.
Le spectacle a été programmé dans le cadre de la carte blanche de Monique et se veut accessible : mise en scène bienveillante, écriture sensible et un jeu qui vise l'empathie plutôt que la compassion attendrissante. Le propos touche directement le public en alternant émotions et touches d'humour.
Informations pratiques et équipe
Public visé : grand public. Le format, centré sur la parole et l'émotion, convient à ceux qui cherchent une approche intime des thèmes du vieillissement et des liens familiaux.
- Durée : spectacle en un seul en scène (variable selon représentation)
- Ambiance : mélange de comique et de tragique
- Accessibilité : lieu adapté aux petites jauges — prévoir arrivée en avance
| Rôle | Nom |
|---|---|
| Écriture et interprétation | Pauline Moureau |
| Mise en scène | Sophie Marque |
| Carte blanche | Monique |
Pour un public namurois, la pièce constitue une occasion de réfléchir collectivement à des enjeux concrets : comment accompagner un proche qui perd la mémoire, quelles ressources locales mobiliser, et quelle place laisser à la singularité des personnes âgées dans nos vies communautaires. La proposition artistique évite les jugements et privilégie une observation attentive, invitant le spectateur à se positionner sans lui imposer de réponse toute faite.