Le jury du Prix Françoise Demulder 2026, attribué dans le cadre du festival Visa pour l'Image, a distingué deux auteurs pour des récits visuels marquants. Les lauréates, Sarah Caron et Laurence Geai, voient leur travail soutenu par le ministère de la Culture.
Deux regards, deux territoires
Les photographies primées témoignent de réalités très différentes mais reliées par une même exigence documentaire. Le travail de Laurence Geai porte sur la Cisjordanie occupée : l'une des images montre une famille de Bédouins contrainte d'ériger des barbelés pour se protéger « des attaques presque quotidiennes des colons », prise à Douma le 11 février 2026. De son côté, Sarah Caron restitue la vie dans la vallée de Bumburet, au sein du territoire isolé de la tribu des Kalash, dans l'Hindou Kouch, non loin de la frontière afghane, à Khyber Pakhtunkhwa (Pakistan).
Ce que racontent les images
Les séries distinguées documentent :
- des situations de précarité et de tension quotidienne pour des populations civiles ;
- des formes de résistance et d'adaptation, visibles dans des gestes concrets — ici, l'installation de barbelés ;
- la vie culturelle et sociale de communautés isolées, comme les Kalash, à travers des paysages et des usages du territoire.
Un prix qui place l'image au coeur du débat public
Le Prix Françoise Demulder, par son soutien institutionnel, souligne l'importance du reportage photographique engagé. En récompensant deux approches distinctes — l'une centrée sur un conflit et ses conséquences humanitaires, l'autre sur une communauté éloignée géographiquement — le jury met en lumière la diversité des formes que peut prendre le reportage contemporain.
| Lauréate | Sujet | Lieu | Date de la prise |
|---|---|---|---|
| Laurence Geai | Famille bédouine protégeant son habitat | Douma, Cisjordanie occupée | 11 février 2026 |
| Sarah Caron | Village d'Anish, Kalash | Bumburet Valley, Hindou Kouch, Khyber Pakhtunkhwa (Pakistan) | 2026 |
Conséquences et portée
Au-delà de la reconnaissance, la distinction permet une visibilité accrue pour ces travaux et, potentiellement, une diffusion élargie auprès du public et des institutions. Elle rappelle aussi le rôle des festivals et des aides publiques dans la pérennité du photojournalisme : soutenir les auteurs, préserver la mémoire visuelle et favoriser la mise en débat des réalités couvertes.
En exposant ces images, Visa pour l'Image et le ministère de la Culture participent à la circulation d'histoires humaines qui auraient autrement peu d'écho dans les médias de masse. Les lauréates, par la précision de leurs regards, invitent à regarder de près ce que deviennent des vies souvent reléguées aux marges des enjeux internationaux.