Le conseil d'administration de l'Agence immobilière sociale (AIS) de Molenbeek a décidé de licencier une de ses coordinatrices à la suite d'un rapport interne qui met en évidence des pratiques jugées inappropriées, a rapporté la RTBF. Les faits examinés couvriraient la période 2023-début 2026 et concernent notamment des avantages personnels, l'utilisation d'un véhicule de l'agence à des fins privées et des modifications dans un dossier d'attribution de logement social concernant la fille de la coordinatrice.
Principales anomalies relevées par l'enquête
Le rapport interne, consulté par la presse, détaille plusieurs situations jugées problématiques :
- intervention d'un ouvrier de l'AIS pour des travaux dans un bien privé appartenant à la coordinatrice, avec application d'un tarif subventionné et d'une réduction de 20 % liée à l'agence ;
- tentative de confier un de ses biens à l'AIS sous des conditions plus favorables (mandat réduit et exonération partielle des frais de gestion) ;
- utilisation privée, sur une période d'environ trois ans, d'une camionnette appartenant à l'agence ;
- modifications apportées au dossier d'attribution d'un logement social en faveur de sa fille, avec l'ajout de points de priorité sans justificatifs retrouvés.
Sur ce dernier point, le rapport précise que des éléments liés à un état de santé et à une situation de surendettement auraient été introduits dans le dossier à des dates rapprochées de l'attribution, sans pièces justificatives visibles dans le dossier papier.
« une succession d'erreurs de bonne foi »
Confrontée aux constats, la coordinatrice a plaidé la « succession d'erreurs de bonne foi » et contesté toute intention de fraude, selon les informations publiées. Lors de son audition, elle aurait également déclaré qu'elle accepterait que sa fille quitte le logement si nécessaire.
Décisions et enjeux pour l'AIS
Le président de la M.A.I.S. (structure liée à l'AIS) a, d'après le rapport, refusé une proposition de la coordinatrice visant à réduire la durée d'un mandat à trois ans et à supprimer une charge de gestion de 5 %, la contraignant à renoncer à cette démarche. L'autorité interne a donc opté pour le licenciement comme réponse aux manquements constatés.
| Élément | Période / détail |
|---|---|
| Durée des faits examinés | 2023 - début 2026 |
| Réduction constatée sur travaux | 20 % (tarif accordé à l'agence) |
| Usage véhicule | Environ 3 ans |
Conséquences locales et questions d'éthique
Cette affaire soulève des interrogations sur les contrôles internes et les règles de prévention des conflits d'intérêts au sein des structures gérant des logements sociaux. Les Agences immobilières sociales ont une mission d'intérêt public : garantir l'accès à un logement décent aux personnes en situation de précarité. Toute suspicion d'utilisation de moyens de l'agence à des fins privées ou de manipulation de dossiers fragilise la confiance des habitants et des partenaires financiers.
Pour les usagers et acteurs locaux, plusieurs conséquences pratiques peuvent en découler : renforcement des procédures de vérification des dossiers, audits internes plus fréquents, et potentiellement une recomposition des équipes de gestion au sein de l'AIS de Molenbeek. Les autorités communales et les autres intervenants du secteur du logement social suivront probablement de près les suites disciplinaires et, le cas échéant, judiciaires de ce dossier.
La communication officielle de l'AIS et de la commune sur les mesures prises et sur le renforcement des garde-fous sera attendue par les locataires et les associations locales, soucieuses de la transparence et de l'intégrité des procédures d'attribution.