Le projet de musée du Chat porté par le dessinateur belge Philippe Geluck est officiellement abandonné. Conçu pour s'implanter dans un bâtiment contemporain de 3 000 m² à proximité de la place Royale, le projet n'a pas résisté à l'explosion des coûts qui a rendu son financement intenable.
Financièrement impossible
Initialement annoncé en 2015 et prévu pour une ouverture en 2019, le musée avait déjà connu de multiples reports. La charge financière incombant à Geluck concernait les aménagements intérieurs — scénographie, équipements techniques, ascenseurs et installations électriques — dont l'estimation a fortement augmenté au fil des ans. Une enveloppe évaluée à 4,5 millions d'euros en 2016 approche aujourd'hui les 7 millions d'euros, selon les données publiques.
« Ce n’est pas un caprice, c’est simplement injouable »
Face à cette situation, le dessinateur a expliqué à l'AFP qu'il ne pouvait plus assumer la charge prévue initialement. L'affaire prend une dimension patrimoniale et économique : la Région de Bruxelles-Capitale, qui assurait le gros œuvre, a indiqué avoir déjà engagé une part significative du budget.
Chiffres du chantier
Le chantier lui-même a vu ses coûts se multiplier, conséquence de la hausse des prix des matériaux et des prestations :
- Coût estimé global initial : environ 4 millions d'euros
- Coût global actuel communiqué par la Région : 15 millions d'euros
- Montant déjà engagé par la Région : 14 millions d'euros
| Poste | Montant |
|---|---|
| Aménagements intérieurs (estimation 2016) | 4,5 M€ |
| Aménagements intérieurs (estimation actuelle) | ≈ 7 M€ |
| Coût global du chantier | ≈ 15 M€ |
| Engagement régional | 14 M€ |
Conséquences juridiques et poursuite du projet sur le site
La rupture intervient alors que des discussions sont en cours entre les avocats des deux parties. La Région évoque la possibilité que l'artiste soit redevable d'indemnités, tandis que Philippe Geluck se réfère à une clause suspensive prévue dans la convention de partenariat. Les détails de ces échanges n'ont pas été rendus publics.
Malgré ce coup d'arrêt, la Région affirme qu'elle ne renonce pas à implanter un musée sur le site concerné. L'avenir précis de l'emplacement situé dans le quartier des musées reste donc à déterminer — avec ou sans l'œuvre emblématique de Geluck.
Enjeux locaux
La décision soulève plusieurs questions pour Bruxelles : l'utilisation d'un terrain central déjà lourdement investi, la pertinence d'un nouvel équipement culturel dans ce périmètre, et la gestion des surcoûts liés aux grands chantiers publics. Les riverains, acteurs culturels et élus auront un rôle à jouer pour définir la suite du dossier.
La Région et les représentants de Philippe Geluck devront désormais préciser les conséquences financières et juridiques de l'abandon, ainsi que le calendrier de toute nouvelle affectation du bâtiment.