Absence remarquée dans les centres urbains
Dans la province de Namur, de nombreux rassemblements autour des matches du Mondial ont eu lieu cet été, mais un fait a surpris : aucun écran géant n’a été installé dans les centres des quatre plus grandes communes — Namur, Andenne, Sambreville et Gembloux. Les raisons évoquées par les acteurs locaux vont au-delà d’un simple manque d’envie et mêlent considérations financières, contraintes logistiques et choix politiques visant à protéger le secteur Horeca.
Des fêtes bien présentes… ailleurs
La dispersion des publics sur le territoire est nette : Ciney s’est particulièrement distinguée et a accueilli, pour le quart de finale, un rassemblement de l’ordre de 6 000 personnes. D’autres communes ont organisé des diffusions ou des animations : Dinant, Éghezée, Rochefort, Émines, Beauraing, Profondeville, Thy-le-Château ou Philippeville ont été citées comme lieux de belles affluences.
| Commune | Présence d’un écran géant |
|---|---|
| Ciney | Oui (≈ 6 000 personnes) |
| Dinant, Éghezée, Rochefort, Émines, Beauraing, Profondeville, Thy-le-Château, Philippeville | Oui |
| Namur, Andenne, Sambreville, Gembloux | Non |
Raisons avancées et enjeux locaux
Plusieurs explications ont été avancées par les acteurs concernés :
- l'absence d'initiatives privées suffisamment structurées pour porter un événement de grande ampleur ;
- le coût global de la mise en place (écran, sonorisation, sécurité, assurance) ;
- les horaires des matches, qui ne favorisent pas toujours les rassemblements publics ;
- une volonté explicite de ne pas concurrencer les établissements de restauration et de débit de boissons.
« On ne voulait pas faire de la concurrence à l’Horeca »
Ce dernier point traduit une préoccupation partagée : les événements publics susceptibles d'attirer plusieurs milliers de personnes peuvent modifier significativement la fréquentation des cafés et restaurants, parfois déjà fragiles. Certaines communes semblent donc avoir choisi de favoriser l’activité commerciale existante plutôt que d’organiser des diffusions publiques officielles.
Conséquences et alternatives pour les habitants
Pour les habitants des centres urbains privés d’écran, les options ont été principalement les suivantes : suivre les rencontres depuis les établissements de l’Horeca, se déplacer vers d’autres communes ayant organisé des diffusions, ou regarder les matches à domicile. L’absence d’un grand rassemblement central a aussi réduit la visibilité d’un événement fédérateur pour la population urbaine.
À l’avenir, plusieurs éléments devront être discutés si les autorités ou des collectifs envisagent d’organiser des diffusions publiques : modes de financement, mutualisation des coûts entre communes et acteurs privés, garanties en matière de sécurité et coordination avec le secteur Horeca. Ces questions sont au cœur d’un débat local sur l’animation des centres-villes et le soutien aux commerces de proximité.
La Coupe du monde a montré une forte appétence pour les rassemblements collectifs sur le territoire namurois ; la répartition inégale des écrans et des festivités interroge sur les priorités et les capacités d’organisation des grandes communes de la province.