La Région de Bruxelles-Capitale se prépare à une « crise humanitaire », selon les associations d’accueil, si le gouvernement fédéral poursuit la réduction des subsides dédiés aux places d’accueil des demandeurs d’asile. Dans un centre géré par Belrefugee à Bruxelles, 1 000 personnes sont actuellement hébergées — des majeurs demandeurs d’asile, des mineurs, des familles et des personnes sans-abri — et la fin du financement menace de les précipiter dans la rue.
Chiffres clés et conséquences possibles
Les calculs avancés par les responsables associatifs et certains élus sont simples et inquiétants : à côté des places qui fermeraient, 1 300 personnes figurent déjà sur listes d’attente. Additionnées, ces données donnent un total approximatif de 2 300 personnes qui pourraient se retrouver sans solution d’hébergement à Bruxelles.
« Il y a 1 000 lits qui se ferment », explique Mehdi Kassou, le directeur de Belrefugee. « Ça va provoquer un désastre humanitaire sur la région bruxelloise. »
Depuis 2022, l’État fédéral finançait 2 000 places en région bruxelloise. La ministre fédérale de l’Asile et de la Migration, Annelies Van Bossuyt, a annoncé une réduction de ce budget de moitié, avec une suppression totale programmée d’ici la fin de l’année. La ministre se défend en dissociant sa compétence sur l’accueil des demandeurs d’asile de la responsabilité du sans-abrisme local.
Réactions et craintes locales
Au gouvernement régional, le ministre de l’Action sociale, Ahmed Laouej (PS), dit son incompréhension et son inquiétude : la Région, affirme-t-il, continuera d’intervenir pour « tendre la main » aux personnes vulnérables, mais en demandant au fédéral de respecter ses obligations. Les associations, les travailleurs des centres et les communes redoutent des effets en chaîne : précarisation accrue, montée des risques sanitaires et psychosociaux, et possibles recrutements par des réseaux criminels.
Le bourgmestre de Schaerbeek, Martin De Brabant (MR), souligne un risque de basculement vers des réseaux de traite et de drogue, évoquant la présence sur sa commune de la gare du Nord, un lieu connu pour les trafics. La Croix-Rouge, qui gère plusieurs structures, est également affectée par ces décisions.
- 1 000 lits menacés dans un centre Belrefugee à Bruxelles
- 1 300 personnes en liste d’attente
- 2 000 places financées par le fédéral en 2022, désormais réduites de moitié
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Lits menacés (Belrefugee) | 1 000 |
| Personnes en liste d’attente | 1 300 |
| Total potentiellement à la rue | 2 300 |
| Places financées en 2022 | 2 000 |
Que pourrait faire la Région et quels effets concrets attendre ?
Le gouvernement régional affirme qu’il continuera d’intervenir « pour ne pas laisser les gens mourir dans la rue ». Toutefois, sans relais budgétaire du fédéral, les marges de manœuvre sont contraintes. Les impacts concrets attendus par les acteurs locaux comprennent :
- une augmentation du nombre de personnes sans-abri dans les rues de Bruxelles ;
- une tension accrue sur les services sociaux, sanitaires et d’accueil d’urgence ;
- des pertes d’emploi pour les salariés des centres concernés.
Les autorités communales et les associations appellent à une réaction coordonnée et rapide pour éviter un basculement durable. La situation mérite une attention particulière dans les prochaines semaines, alors que le calendrier fédéral prévoit une suppression progressive des subsides avant la fin de l’année.
Le débat oppose désormais la volonté d’un pilotage national des flux migratoires et des moyens d’accueil à la réalité locale d’une capitale où les besoins d’hébergement sont déjà criants. Les décisions qui suivront détermineront si Bruxelles parviendra à conjurer un scénario d’errance massive ou non.