Une plantation découverte suite à une intervention policière à Jette
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu, vendredi, des peines à l'encontre de treize membres d'une organisation criminelle albanaise impliquée dans la culture et le trafic de cannabis. Les condamnations vont de trois à huit ans de prison. Un quatorzième prévenu a reçu une peine de travail de cent heures.
L'affaire trouve son origine en janvier 2025 lorsque la police, appelée pour deux hommes armés tentant de s'introduire dans un garage à Jette, a découvert sur place une plantation de plus de 1 000 plants. Un suspect intercepté a reconnu être «
venu d'Albanie pour s'en occuper», selon les éléments d'enquête. Cette découverte initiale a amené les enquêteurs à reconstituer l'organisation grâce à des analyses téléphoniques, des écoutes et des observations de terrain.
Au moins cinq sites identifiés, locations sous fausses identités
Les services judiciaires attribuent au réseau l'exploitation d'au moins cinq plantations découvertes en 2025 dans plusieurs communes : Jette, Auderghem, Schaerbeek, Marchienne-au-Pont et Ans. Les logements servant aux cultures avaient été loués sous de fausses identités, précision qui illustre la sophistication des montages utilisés.
| Commune | Nombre approximatif de plants |
|---|---|
| Jette | ~1 000 |
| Schaerbeek | >1 000 |
| Marchienne-au-Pont | 1 200 |
| Auderghem | non précisé |
| Ans | non précisé |
Organisation du travail et filières de stockage
Les enquêteurs ont établi que l'organisation faisait régulièrement venir des personnes d'Albanie pour assurer la gestion des cultures : employés pendant environ deux mois, ils percevaient entre 5 000 et 8 000 euros pour cette période. Les récoltes étaient ensuite stockées dans plusieurs communes de la Région bruxelloise — Ganshoren, Etterbeek, Anderlecht, Molenbeek-Saint-Jean — avant qu'une partie ne soit acheminée vers le Royaume-Uni. Les magistrats estiment que le réseau aurait engrangé environ 7 millions d'euros.
Le présumé chef du réseau, interpellé en cours d'enquête, aurait continué à diriger certaines activités depuis sa détention, via des communications téléphoniques interceptées au dossier. Plusieurs prévenus avaient déjà été condamnés auparavant en Belgique ou à l'étranger pour des faits liés au trafic de stupéfiants.
Impacts locaux et questions pour les autorités
- La découverte d'une plantation à Jette, liée à une tentative d'intrusion armée, soulève des questions sur la sécurité dans certains quartiers et la vulnérabilité des espaces de stockage (garages, logements loués).
- La location de biens sous fausses identités invite la commune et les bailleurs à renforcer leurs contrôles administratifs et de vérification d'identité.
- Le volet international de l'organisation (import de main-d'œuvre, exportation vers le Royaume-Uni) montre la nécessité d'une coopération policière transfrontalière.
La décision du tribunal marque une étape du dossier mais n'efface pas les interrogations locales sur la manière dont des cultures de cette ampleur ont pu s'implanter dans des logements de la région. À Jette, les riverains concernés par l'intervention policière de janvier 2025 attendent désormais des mesures de prévention et de suivi pour éviter la réapparition de tels réseaux sur le territoire communal.