Un effectif historique, des besoins non comblés
Au 31 décembre 2025, l’État luxembourgeois employait 38.918 agents, son nombre le plus élevé jamais enregistré. Selon la réponse ministérielle apportée à une question parlementaire du député Ben Polidori (LSAP), cet accroissement traduit une progression significative des recrutements depuis 2021, mais il ne masque pas des difficultés persistantes dans le recrutement pour certains postes.
| Année | Agents | Équivalents temps plein (ETP) |
|---|---|---|
| 2021 | 32.842 | 30.156 |
| 2025 | 38.918 | 35.905 |
Sur la période 2021‑2025, l’État a donc recruté 6.076 personnes (+18,5%) pour un gain d’environ 5.749 ETP. La majeure partie de cette croissance se concentre dans l’Éducation, qui emploie à elle seule 19.170 agents, soit la moitié des effectifs de l’État et environ 2.600 agents de plus qu’en 2021.
Des postes vacants malgré l’augmentation des effectifs
Malgré cette progression, les ministres Luc Frieden et Serge Wilmes reconnaissent que l’administration reste confrontée à une tension sur le marché du travail public. Ils détaillent notamment le nombre de postes de renforcement qui n’ont pas été pourvus.
«À ce jour, 1.741,6 postes de renforcement demeurent vacants. Ce chiffre inclut les 292 postes restés vacants au cours des cinq dernières années ainsi que les postes de renforcement créés en 2026.»
La répartition des postes vacants montre des priorités claires :
- Éducation : 750,9 ETP vacants (dont 606,3 au sein du département ministériel)
- Affaires intérieures : 184 ETP vacants
- Finances : 165,3 ETP vacants
- Mobilité et Travaux publics : 131,5 ETP vacants
- Police grand-ducale : recherche 121 collaborateurs
Conséquences et défis
Ces postes non pourvus affectent le fonctionnement et la capacité d’action des administrations, notamment dans les services éducatifs où les besoins sont les plus élevés. Les ministres indiquent que la difficulté tient essentiellement à l’identification et au recrutement de candidats correspondant aux profils recherchés par les différentes administrations. Le chiffre inclut aussi des créations de postes récentes (2026) qui n’ont pas encore été occupées.
Pour les citoyens et les usagers des services publics, cela peut se traduire par des délais accrus, une charge de travail plus forte pour les agents en poste et des projets retardés. Les administrations concernées devront probablement intensifier leurs campagnes de recrutement, adapter leurs profils ou proposer des mesures d’attractivité pour combler ces manques.
La question posée par Ben Polidori et la réponse ministérielle mettent en lumière un paradoxe majeur : la fonction publique s’agrandit quantitativement, mais demeure en tension qualitative sur certains métiers et ministères clés.