Un goulet d’étranglement pour les cyclistes entre Ougrée et Sclessin
Dans l’agglomération liégeoise, plusieurs tronçons restent problématiques pour les usagers actifs. Parmi eux, le pont d’Ougrée s’impose comme un point noir pour les cyclistes, au carrefour de voiries conçues à l’ère du tout-à-l’auto. Le collectif Avello Liège-Ville met en garde contre les conditions actuelles de traversée, jugées particulièrement risquées, et propose un réaménagement pour sécuriser le passage et mailler les RAVeL des deux rives de la Meuse.
« la traversée du pont d'Ougrée pour les vélos relève aujourd'hui du quasi-suicide »
À défaut d’un cheminement sûr, les cyclistes doivent aujourd’hui rallonger considérablement leurs trajets via les ponts de Seraing ou du Val-Benoît, en empruntant des axes également exposés. L’initiative d’Avello s’inscrit dans une dynamique plus large de mobilité apaisée liée notamment à la mise en service du tram à Liège.
Un itinéraire continu entre RAVeL et tram
Le scénario avancé consiste à raccorder le RAVeL rive gauche de la Meuse, côté Sclessin (par la rue de l’Hippodrome), au futur RAVeL rive droite (du boulevard urbain aux Ateliers Centraux). Le collectif évoque aussi la perspective d’un axe complémentaire depuis l’OM vers Seraing. L’objectif: restituer une continuité cyclable efficace entre quartiers et équipements de mobilité.
Le tracé décrit par Avello passerait par une suite d’artères locales et d’infrastructures existantes, afin de limiter les ruptures et d’améliorer l’accès au tram.
| Segment | Lieu/axe |
|---|---|
| Départ rive gauche | Rue de l’Hippodrome (Sclessin) |
| Connexion urbaine | Rue Verte-Voie |
| Intermodalité | Terminus du tram |
| Traverse locale | Rue de la Centrale |
| Quai | Quai Vercour |
| Accès pont | Rampe du pont d’Ougrée |
| Franchissement | Pont d’Ougrée |
| Sortie rive droite | Vers la maison communale et rue de Trasenster |
Une piste bidirectionnelle sécurisée sur l’ouvrage
Au cœur de la proposition: l’aménagement sur le pont d’une piste cyclable bidirectionnelle d’environ 3 mètres de large, protégée par une glissière. Selon Avello, la largeur actuelle des bandes de circulation offrirait la marge nécessaire pour reconfigurer l’espace sans compromettre le trafic motorisé. Cette séparation physique viserait à réduire les conflits d’usage et à rehausser nettement le niveau de sécurité.
Au-delà du vélo, le collectif met en avant l’intérêt pour les piétons d’Ougrée, qui bénéficieraient d’un cheminement plus direct en direction du terminus du tram. L’aménagement faciliterait donc l’intermodalité et pourrait encourager le transfert modal pour des trajets quotidiens courts.
Relier quartiers et réseaux: quels effets attendus?
- Sécurité: séparation des flux sur un ouvrage aujourd’hui jugé anxiogène.
- Continuité: jonction entre itinéraires RAVeL des deux rives, sans détour par Seraing ou Val-Benoît.
- Accès au tram: itinéraire lisible et direct pour vélos et piétons vers le terminus.
La proposition d’Avello s’inscrit dans une logique de connectivité fine entre quartiers d’Ougrée et de Sclessin. En reliant des tronçons déjà fréquentés, elle ambitionne de rendre les déplacements actifs plus compétitifs en temps et en confort, tout en soulageant des axes routiers saturés à l’entrée de l’agglomération.
Prochaine étape: arbitrages techniques et coordination
La mise en œuvre d’une telle reconfiguration nécessiterait des aménagements ciblés, des études de circulation et une coordination entre gestionnaires de voirie. Le collectif souligne néanmoins que la morphologie du pont ouvrirait la voie à une solution pragmatique. Une proposition similaire a récemment circulé sur les réseaux sociaux, signe d’un intérêt citoyen accru pour un traitement rapide de ce maillon faible.
À ce stade, aucun calendrier ni budget n’ont été communiqués. La démarche pourrait toutefois s’aligner avec les chantiers de réseaux cyclables et les ajustements liés au tram, afin d’optimiser les interventions et de limiter les nuisances. Le débat est désormais ouvert: sécuriser le pont d’Ougrée apparaît comme une étape clé pour boucler le maillage cyclable entre rive droite et rive gauche, au bénéfice de la mobilité de proximité dans la vallée liégeoise.