Deux pistes s’éteignent, un dossier se complique
En l’espace de quelques heures, le marché s’est retourné pour Zuriko Davitashvili. Les deux clubs les plus avancés sur l’ailier géorgien, Besiktas et l’Atalanta, ont réorienté leurs priorités, refroidis par la barre fixée par l’AS Saint-Étienne : 20 millions d’euros. Selon les informations relayées, Fabrizio Romano a annoncé la signature de Leandro Trossard à Besiktas, refermant ce dossier côté turc, tandis que Bergame s’apprête à formuler une offre pour Kerim Alajbegović. En un clin d’œil, le couloir s’est rétréci autour de Davitashvili.
Un écart de valorisation devenu gouffre
Le point dur est arithmétique : l’ASSE maintient son prix plancher à 20 M€ pour son ailier, quand la plateforme Transfermarkt l’évalue à 12 M€ et que la plupart des estimations médiatiques se situent entre 10 et 12 M€. L’écart refroidit les prétendants, d’autant que, dans un marché où les opportunités s’enchaînent, chaque jour compte. Besiktas a comblé son besoin au poste et l’Atalanta s’est déjà repositionnée. Le timing s’est retourné contre les Verts : plus le club campe sur son tarif, plus les pistes s’éloignent.
La trajectoire sportive de Davitashvili plaide pour lui
Recruté 6 M€ aux Girondins de Bordeaux, Davitashvili a pris une autre dimension dans le Forez. Son bilan plaide en sa faveur, avec des contributions offensives soutenues sur deux exercices consécutifs, en Ligue 1 puis en Ligue 2. Pour l’ASSE, la plus-value est d’ores et déjà acquise, quelle que soit l’issue du dossier. Reste que la valorisation souhaitée doit trouver preneur au bon moment.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Prix demandé par l’ASSE | 20 M€ |
| Valorisation Transfermarkt | 12 M€ |
| Estimation presse (fourchette) | 10–12 M€ |
| Coût d’achat (depuis Bordeaux) | 6 M€ |
Des besoins de liquidités qui s’aiguisent
Le contexte économique ne simplifie rien. Sans droits télé de Ligue 1 à encaisser et avec déjà quatre recrues pour environ 11 M€, aucune rentrée significative n’a, à ce stade, renfloué les caisses stéphanoises. La nécessité de vendre devient tangible. Le club est face à un dilemme classique du mercato : tenir le prix espéré pour maximiser la recette, au risque de voir s’évaporer les acheteurs, ou réviser la barre pour relancer la concurrence et accélérer la vente.
Domino turc et virage italien
Le mouvement de Besiktas, officialisé par l’annonce de la signature de Leandro Trossard, ferme la porte en Turquie. Dans la foulée, l’Atalanta a, elle, ciblé Kerim Alajbegović. Ce double virage illustre un mécanisme bien connu : lorsque l’écart entre la demande d’un vendeur et l’appétit du marché devient trop large, les clubs basculent vers des alternatives immédiates. « Personne ne l’avait vu venir — et sûrement pas Kilmer Sports », résume crûment l’emballement du week-end sur ce dossier.
Quelles marges de manœuvre pour la suite ?
Pour Saint-Étienne, les scénarios restent ouverts :
- Maintenir le prix plancher et espérer une nouvelle offensive d’un club en quête d’un ailier.
- Accepter une négociation vers la fourchette 10–12 M€ pour réactiver les pistes refroidies.
- Jouer la patience pour provoquer un effet d’urgence chez un acheteur à l’approche des premières journées.
Le risque, désormais, est temporel : plus la fenêtre avance, plus les clubs verrouillent leurs besoins. Pour Davitashvili, l’enjeu est de conserver l’élan de ses derniers mois afin de rester en haut de liste chez d’éventuels courtisans. Pour l’ASSE, il s’agit de trouver le point d’équilibre entre l’exigence d’une vente forte et la réalité mouvante d’un marché où les alternatives foisonnent.
Une équation de valorisation à résoudre
Derrière le cas individuel se dessine une vérité générale : quand la valorisation sportive (buts, passes, progression) rencontre la contrainte financière (besoin de liquidités, investissements déjà consentis), la clé réside dans l’ajustement. La journée qui a vu Besiktas boucler l’arrivée de Trossard et l’Atalanta bifurquer vers Alajbegović ne clôt pas forcément le feuilleton Davitashvili ; elle en redéfinit, en revanche, les paramètres. À ce stade, ce sont moins les qualités du joueur que l’écart de prix qui dictent le tempo.
Les chiffres qui cadrent le dossier
En rappel :
- 9 buts et 8 passes décisives en Ligue 1 en 2024-2025.
- 14 réalisations et 5 offrandes en Ligue 2 ensuite.
- Un coût d’achat de 6 M€ et une demande actuelle de 20 M€.
Entre ambition de vendre haut et impératif d’encaisser vite, l’ASSE joue désormais contre la montre. La balle, elle, est dans le camp des prochains prétendants.