La ferme expérimentale de l'Inrae à Saint-Laurent-de-la-Prée, en Charente-Maritime, ouvre exceptionnellement ses portes lors de la Fête de la science pour présenter des années de recherches consacrées aux systèmes agricoles en milieu humide. Installée depuis 1964 au cœur du marais, l'unité s'est transformée en laboratoire vivant où l'on conjugue production, préservation des milieux et adaptation aux contraintes hydriques.
Un site de recherche au contact du terrain
L'exploitation, qui relève de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, est gérée par une équipe pluridisciplinaire de techniciens et chercheurs et un personnel d'entretien. Au total, 25 personnes travaillent à la ferme, dont 4 ouvriers agricoles assurant le quotidien des cultures et des animaux. Elles pilotent l'entretien et les expériences sur des parcelles réparties sur 170 hectares, et cherchent des solutions compatibles avec le contexte spécifique des marais.
« Nous étudions les meilleures façons de cultiver et d’élever des bovins au cœur des marais tout en veillant à préserver les milieux »
De la conversion bio à la recherche de viabilité
La ferme a amorcé une conversion vers l'agriculture biologique en 2017. Depuis, les objectifs ont été resserrés autour d'une question pratique et centrale : comment maintenir une activité agricole économiquement viable dans un milieu fragile et complexe ? Les travaux portent sur l'adaptation des systèmes de culture aux caractéristiques des sols, à la présence variable d'eau et à la biodiversité propre aux marais, avec une attention portée aux interactions entre élevage, cultures et milieux naturels.
Une interface entre science et société
Les portes ouvertes proposeront visites, stands pédagogiques, animations et balades à vélo, afin de rendre accessibles des recherches souvent perçues comme techniques ou éloignées du grand public. L'intention affichée est de rapprocher la population des enjeux concrets : comment produire tout en limitant l'impact sur des zones humides, comment gérer la coexistence avec la faune locale et les exploitations voisines, et comment rendre ces systèmes résilients face aux aléas climatiques.
- Présentation des pratiques testées pour l'élevage bovin en zone humide
- Expérimentations de systèmes culturales adaptés aux sols et à l'eau du marais
- Échanges entre chercheurs, agriculteurs et visiteurs lors de la Fête de la science
Chiffres clés
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Année de création | 1964 |
| Surface totale | 170 ha |
| Prairies naturelles | 110 ha |
| Grandes cultures | 60 ha |
| Personnel | 25 personnes (dont 4 ouvriers agricoles) |
| Conversion bio | 2017 |
Les démonstrations et rencontres prévues le 3 octobre cherchent à éclairer le public sur la manière dont la recherche agronomique se met au service d'une gestion durable des territoires humides. À l'heure où la transition agroécologique et la gestion des ressources en eau sont au cœur des débats, des unités comme celle de Saint-Laurent-de-la-Prée jouent un rôle d'observatoire et de laboratoire pour imaginer des modèles d'exploitation conciliant production et préservation.