À Ottawa, les 22 et 23 septembre, le 2e Sommet national sur la francophonie économique a réuni près de 400 personnes issues d'agences, d'associations et d'entreprises autour des enjeux de l'emploi, de l'immigration, de la formation et de la reprise d'entreprises dans les communautés francophones hors Québec.
Des chiffres pour mesurer un poids encore trop discret
Lors de la clôture, le RDÉE Canada a rappelé plusieurs repères : 116 760 entreprises appartenant à des francophones hors Québec, environ 3 millions de francophones vivant dans la même région et, à l'échelle mondiale, 396 millions de personnes parlant le français. Ces données, présentées par Yan Plante, président‑directeur général du RDÉE Canada, servent de base pour défendre l'importance économique de la francophonie canadienne.
Des priorités identifiées
Les intervenants ont abordé un large éventail de thèmes : relations interprovinciales, immigration, reconnaissance des compétences, repreneuriat, rôle des femmes et des jeunes, et accès au post‑secondaire. Les participants sont repartis avec la mission explicite de mieux faire connaître cette réalité économique, souvent méconnue en dehors des réseaux concernés.
Le rôle de la langue dans la compétitivité
L'ancien premier ministre du Nouveau‑Brunswick, Brian Gallant, aujourd'hui à la tête d'Espace Canada, a encouragé les acteurs présents à dialoguer directement avec les élus tout en fournissant des propositions concrètes. Il a insisté sur l'avantage que représente le bilinguisme pour les entreprises :
« d’être quelqu’un qui est là pour aider ».
Il a aussi souligné que « le bilinguisme facilite le commerce », notamment dans des secteurs comme les centres d'appels et le tourisme où la capacité à communiquer en français et en anglais ouvre des débouchés plus vastes.
Conséquences pour les ménages et les entreprises
- Pour les entreprises : valoriser le français peut être un levier pour accéder à un marché plus large au Canada et à l'international, surtout dans les services clientèles et le tourisme.
- Pour les travailleurs et les jeunes : la reconnaissance des compétences et l'accès à des formations postsecondaires en français restent des priorités pour renforcer l'employabilité.
- Pour les décideurs : mieux quantifier et promouvoir l'apport économique des communautés francophones hors Québec est nécessaire pour orienter les politiques d'immigration et de soutien aux PME.
Tableau synthétique
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Entreprises détenues par des francophones (hors Québec) | 116 760 |
| Francophones dans la même région | 3 millions |
| Locuteurs francophones dans le monde | 396 millions |
| Participants au Sommet | 400 personnes (environ) |
Le Sommet a servi de plateforme pour rappeler que la langue est un atout économique mais aussi un défi institutionnel : mesurer la valeur du français et transformer cet atout en politiques concrètes demandera des efforts coordonnés entre entreprises, organismes de développement et pouvoirs publics.
Les participants ont quitté Ottawa avec une feuille de route implicite : mieux faire connaître cette réalité économique francophone et plaider pour des mesures favorisant l'intégration des compétences, le soutien aux repreneurs et l'accès à la formation en français.