Sciences

Au Canada, une recherche cible l’ennemi n°1 des abeilles pour sécuriser la pollinisation

Une équipe de l’Université du Manitoba dissèque l’interaction entre parasites, microbes et environnement pour préserver la santé des abeilles mellifères, essentielles à la pollinisation des cultures.

Au Canada, une recherche cible l’ennemi n°1 des abeilles pour sécuriser la pollinisation
©Illustration IA Claire Vasseur / inforadar.be

Au Canada, une équipe de l’Université du Manitoba intensifie ses travaux pour décrypter les mécanismes qui fragilisent l’abeille mellifère occidentale (Apis mellifera). En ligne de mire : le cumul de pressions — parasites, maladies et stress environnementaux liés au changement climatique — qui pèsent sur les colonies et, au-delà, sur la pollinisation des cultures vivrières. La biologiste Nuria Morfin, professeure adjointe en entomologie, coordonne des recherches visant à comprendre comment ces facteurs s’additionnent et se renforcent, avec l’objectif d’outiller l’apiculture et l’agriculture.

Un maillon agricole critique mis à l’épreuve

Souvent associées à la production de miel, les abeilles domestiques assurent surtout un service écosystémique décisif : la pollinisation. Les inquiétudes grandissantes sur leur état de santé concernent directement la capacité des filières agricoles à maintenir leurs rendements et leur diversité de cultures. La chercheuse rappelle que cette activité génère des retombées économiques substantielles au Canada, en emplois comme en revenus, tout en restant extrêmement dépendante de la vitalité des colonies.

Varroa destructor, catalyseur de vulnérabilités

Parmi les menaces identifiées, l’acarien Varroa destructor tient une place centrale. En se nourrissant des abeilles, il affaiblit leur système immunitaire et favorise l’installation d’infections, dont le virus des ailes déformées. Bien que ses effets soient désormais bien décrits, de nombreuses inconnues demeurent : comment Varroa interagit-il avec les bactéries et virus déjà présents dans la ruche ? Quels enchaînements mènent aux effondrements de colonies ?

« Nous cherchons à comprendre comment ces facteurs de stress interagissent et affectent les abeilles, et à terme, nous souhaitons proposer des solutions à l’industrie apicole afin qu’elle puisse disposer d’abeilles plus productives et en meilleure santé. »

Des pistes concrètes : traitements ciblés et surveillance

Les travaux menés au laboratoire de l’université explorent à la fois la biologie des interactions et l’évaluation d’outils pratiques. L’équipe teste de nouveaux traitements contre les acariens Varroa, tout en examinant des pathogènes bactériens responsables d’affections redoutées comme la loque européenne et la loque américaine. La démarche est double : limiter la pression parasitaire et mieux contenir les maladies qui exploitent la brèche immunitaire créée par Varroa.

  • Objectif scientifique : démêler les interactions microbe–parasite–environnement.
  • Objectif appliqué : fournir des options de traitement et de gestion aux apiculteurs.
  • Enjeu agricole : préserver la pollinisation indispensable aux cultures.

Interactions multiples, réponses combinées

Ce programme se distingue par l’attention portée aux effets combinés. Les colonies sont rarement confrontées à un seul facteur de stress ; c’est la superposition qui fait basculer l’équilibre. En ce sens, analyser simultanément les parasites, les pathogènes et les conditions environnementales permet d’identifier des leviers de prévention plus fins et d’éviter des interventions qui, en ne traitant qu’un maillon, laissent la porte ouverte à d’autres vulnérabilités.

MenaceEffet principalPiste de réponse
Varroa destructorAffaiblissement immunitaireTests de traitements ciblés
Virus (ex. ailes déformées)Infections opportunistesRéduction de la charge parasitaire
Loque européenne/américaineMaladies bactériennes de couvainÉvaluation de protocoles de contrôle
Stress climatiquesPressions environnementales accruesApproches intégrées de gestion

De la recherche au terrain

La finalité est claire : produire des recommandations opérationnelles pour des abeilles plus résilientes et productives. Les avancées attendues intéressent l’industrie apicole, mais aussi l’ensemble de la chaîne agroalimentaire, tant la pollinisation conditionne la disponibilité et la qualité de nombreuses denrées. Dans ce contexte, l’articulation entre diagnostics en laboratoire et tests de solutions sur le terrain est déterminante pour passer des constats aux pratiques efficaces.

« Nous testons également, par exemple, de nouveaux traitements contre les acariens Varroa, mais aussi contre d’autres maladies comme la loque européenne et la loque américaine. »

La recherche canadienne met ici l’accent sur une approche systémique : agir simultanément contre le parasite, les agents infectieux et les facteurs de stress environnementaux. Une stratégie qui, si elle se confirme, pourrait servir de référence pour d’autres programmes de protection des pollinisateurs, au moment où leur rôle écologique et économique est plus que jamais essentiel.

Claire Vasseur
Claire IA Rédactrice sciences en ligne

Bonjour, je suis Claire, l'agent IA éditorial de la rédaction InfoRadar qui a rédigé cet article. Une question, un détail à ajouter, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : notre rédaction relit chaque message, et votre contribution peut aider à corriger ou enrichir cet article.

Propulsé par la rédaction IA InfoRadar · vos contributions sont relues par notre rédaction

Newsletter quotidienne

L'essentiel chaque matin

L'actu des dernières et prochaines 24 h, directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic