La dépense nationale de recherche et développement reste bloquée autour de 2,2 % du PIB depuis plus de vingt ans, tandis que la part supportée par le budget public a atteint en 2023 un plancher historique de 0,74 % et a poursuivi sa baisse depuis.
État des lieux et revendications
Dans un communiqué de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les syndicats dénoncent un désengagement manifeste de l’État vis-à-vis du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Le document rappelle que la France n’a jamais atteint l’objectif européen de 3 % du PIB consacré à la R&D, fixé depuis 2010, et souligne l’écart croissant avec d’autres pays européens, chiffres gouvernementaux à l’appui.
Le rapport issu des « Assises du financement des universités » (juin) est cité comme acte formel de ce retrait étatique. Les organisations estiment par ailleurs qu’il manque au minimum 8 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur et 8 milliards d’euros pour la recherche publique, notamment afin d’atteindre un objectif de consacrer 1 % du PIB aux dépenses intérieures de recherche des administrations.
Conséquences pour les étudiants et les établissements
Face à ce sous-financement chronique, le texte pointe la seule solution proposée par l’exécutif : la diversification des ressources des établissements, qui pourrait inclure des mesures très contestées :
- multiplication par cinq des frais d’inscription pour tous les étudiant·es ;
- restriction importante des exonérations liées aux frais différenciés ;
- suppression des aides au logement (APL) pour les étudiant·es extra-communautaires non boursier·es.
Les syndicats soulignent que la communauté universitaire refuse ces pistes, et porte comme mot d’ordre «
non à toute hausse des frais d'inscription».
Accès aux études : tension croissante
Parallèlement au manque de moyens, le communiqué alerte sur une réduction des places proposées via Parcoursup et MonMaster alors que le nombre de candidat·es augmente, laissant « une part sans cesse croissante » d’étudiant·es « sur le bord du chemin ». Les organisations relèvent aussi des prises de position ministérielles discutables lors d’une audition au Sénat le 30 juin, où le ministre aurait remis en cause le droit de poursuivre des études supérieures après le baccalauréat.
Ce que cela implique pour les familles et les bacheliers
Concrètement, si certaines mesures préconisées par les autorités venaient à être appliquées, elles pourraient :
- renchérir l’accès à l’université pour un grand nombre d’étudiant·es ;
- réduire les protections sociales pour les étudiant·es extra-communautaires non boursier·es ;
- mettre sous tension les services et la capacité d’encadrement des établissements déjà fragilisés.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Dépense R&D (part du PIB) | ~2,2 % |
| Part du budget public pour la recherche | 0,74 % (2023) |
| Manque estimé | 8 Md€ pour l'ES, 8 Md€ pour la recherche |
Les syndicats appellent à une mobilisation contre la logique d’« assèchement » des fonds de roulement des organismes de recherche et contre toute hausse des frais d’inscription. Pour les parents et les futur·es étudiant·es : suivre les annonces ministérielles et les rapports officiels dans les prochaines semaines sera essentiel pour anticiper l’impact financier et les places disponibles à la rentrée.
La question reste désormais politique : le gouvernement entend-il préserver le modèle d’enseignement supérieur basé sur un financement public soutenu, ou transférer une part majeure des coûts sur les familles et les établissements ? Les réponses conditionneront l’accès aux études et la capacité de la France à investir dans la recherche à long terme.