Un anniversaire qui ravive la mémoire collective
Les journées des 14 et 15 juillet 2021 restent gravées dans les esprits. La Belgique faisait face à des inondations d’une ampleur inédite. En Brabant wallon, si l’on a évité les pertes humaines, l’épisode a provoqué des dégâts matériels considérables et une activité opérationnelle hors norme pour les services d’urgence. Le commandant de la zone de secours provinciale, Philippe Filleul, se remémore une mobilisation continue durant plus de 48 heures, avec des crues touchant 18 des 27 communes.
« Mes souvenirs ? Le désarroi des gens qui avaient tellement perdu », se rappelle le commandant. « Le lendemain, on voyait tous les meubles et les électroménagers entassés devant les maisons, prêts à être évacués. »
Derrière le choc, une lame de fond solidaire s’est rapidement organisée. Renforts et bénévoles se sont agrégés aux secours locaux, offrant un appui logistique et humain indispensable.
Solidarité et renforts: un maillage de crise à l’œuvre
Au plus fort de l’événement, les équipes locales ont été soutenues par la Protection civile, l’armée, des bénévoles et le Port de Bruxelles. Cette convergence des moyens a permis d’accélérer les évacuations, d’assécher, de nettoyer et d’acheminer de l’aide sur un territoire morcelé par les débordements.
« Ce qui m'a aussi marqué, c'est la solidarité. Les renforts sont arrivés (...). C'était fort. »
Si le Brabant wallon a été épargné sur le plan humain en 2021, la pression opérationnelle s’est avérée intense. Les interventions se sont empilées alors même qu’un épisode orageux fin juin avait déjà saturé les plannings. Le commandant raconte que, ce dimanche-là, les équipes ont travaillé jusqu’à 18 h alors que la tempête avait cessé vers 2 h du matin, signe de l’ampleur des demandes et des délais incompris par une partie de la population.
Des traumatismes ailleurs, mais une charge émotionnelle bien réelle
Contrairement aux collègues mobilisés dans les zones les plus durement frappées, les pompiers brabançons n’ont pas eu besoin d’un soutien psychologique spécifique lié à ces inondations. Le commandant souligne toutefois la dureté d’autres interventions, survenues en juin de cette année à La Hulpe et à Lasne, où des décès ont été constatés. Il rappelle que certaines missions de la vie quotidienne peuvent être plus douloureuses que la gestion d’une catastrophe lorsque les équipes se sentent en capacité d’agir efficacement.
« Lors des inondations, on était en capacité d'aider. (...) Le Brabant wallon a connu des pertes matérielles en 2021, mais, heureusement, pas de pertes humaines. »
Coordination et délais: ce qui a changé et ce qui reste à faire
L’un des enseignements pointés par la zone de secours touche à la coordination. Le volume exceptionnel d’appels et de missions a mis en lumière l’importance d’une gestion centralisée et d’un cadre clair pour hiérarchiser les priorités. La mise en discussion d’un poste de commandement « calamité » a émergé comme axe de travail afin de fluidifier la circulation de l’information et la répartition des moyens en situation dégradée. L’objectif: mieux articuler les renforts externes, optimiser la couverture du territoire et rendre plus lisibles les délais d’intervention pour les citoyens.
Pour le public, la compréhension des temps de réponse demeure un enjeu. En période de crise, les demandes explosent, l’accessibilité routière est compliquée et les équipes doivent arbitrer en permanence. Expliquer ces contraintes fait partie des pistes évoquées par la zone, tout comme la consolidation des partenariats activés en 2021.
Repères locaux
| Élément | Indication |
|---|---|
| Période des crues | 14-15 juillet 2021 |
| Communes BW touchées | 18 sur 27 |
| Pertes humaines en BW | Aucune signalée |
| Renforts | Protection civile, armée, bénévoles, Port de Bruxelles |
À retenir pour les habitants
- Les inondations de 2021 ont provoqué des dégâts matériels importants en Brabant wallon, sans pertes humaines.
- La réponse locale a été appuyée par des renforts interservices; la question de la coordination demeure centrale.
- En cas de crise, des délais d’intervention allongés sont possibles: l’afflux d’appels et l’état des voiries compliquent la manœuvre des secours.
Cinq ans plus tard, l’enjeu est double: capitaliser sur les solidarités et traduire les enseignements opérationnels en procédures robustes pour faire face aux épisodes extrêmes appelés à se répéter. La mémoire de 2021 sert ici de levier pour améliorer la préparation collective, sans extrapoler au-delà de ce qui a été vécu sur le terrain brabançon.