Un incident en marge d’un événement populaire
Un an après une soirée agitée lors de la braderie de Wavre, la justice a tranché. Le tribunal correctionnel de Nivelles a condamné un homme de 27 ans — désigné sous le prénom d’emprunt Jules — à une peine de deux ans de prison avec sursis assortie d’une amende de 1.600 euros. Les faits remontent au 22 juin 2025, lorsque, après une montée de tension devant un restaurant du centre-ville, une altercation a dégénéré. Un second protagoniste, présenté comme Robert, a obtenu pour sa part la suspension simple du prononcé pendant trois ans.
Des images de caméras au cœur du dossier
Selon les éléments examinés à l’audience du 15 juin, Jules, qui avait consommé de l’alcool, s’est rendu dans un établissement pour demander un verre d’eau. Une dispute s’ensuit; Robert descend alors de son logement pour s’enquérir de la situation. Lors des débats, Jules a admis:
« Il s’est approché calmement de moi pour me parler »
Les enregistrements de vidéosurveillance ont permis d’établir que le jeune homme avait quitté les lieux puis était revenu torse nu,
« avec l’intention d’en découdre »avant qu’un coup de pied ne vise la cheville de Robert. Une rixe s’ensuit entre deux groupes; un coup de poing projette Jules au sol.
Requisitions, antécédents et plaidoyers
Le ministère public a distingué les responsabilités. Pour Robert, qui a réagi après s’être senti provoqué selon sa défense, le parquet a soutenu une peine de travail. Pour Jules, dont le casier mentionne cinq condamnations depuis 2019, le parquet a requis trois ans d’emprisonnement ferme. L’avocat de Jules plaidait une probation autonome conditionnée notamment à l’abstinence d’alcool, ainsi que la condamnation de Robert à verser 2.500 euros de dommages et la désignation d’un expert pour chiffrer le préjudice.
Le jugement: sursis, amende et suspension du prononcé
Au terme de l’examen des responsabilités, le tribunal a écarté la prison ferme requise contre Jules. Il a prononcé deux ans avec sursis et une amende de 1.600 €. Pour Robert, la juridiction a retenu la suspension simple du prononcé pour une durée de trois ans. Cette mesure, en droit pénal belge, signifie que le tribunal reconnaît la culpabilité mais s’abstient de fixer une peine: le fait n’est pas inscrit comme condamnation si l’intéressé ne commet pas de nouvelle infraction durant la période fixée.
| Prévenu | Décision | Détails |
|---|---|---|
| « Jules » | 2 ans avec sursis | Amende 1.600 €; antécédents judiciaires (5 condamnations depuis 2019) |
| « Robert » | Suspension du prononcé | Durée de 3 ans; conditions générales du régime |
Ce que cela change localement
Si les rixes demeurent marginales lors de la braderie, cet épisode rappelle l’attention portée à la sécurité dans l’hypercentre de Wavre lors des grands événements. Les images de caméras ont joué un rôle déterminant, confirmant leur valeur probante pour démêler les enchaînements de faits et la part de chacun. Pour les organisateurs et les autorités communales, ce jugement s’ajoute à l’arsenal préventif: présence renforcée d’équipes, coordination avec la police locale et sensibilisation au risque lié à la consommation d’alcool en fin de soirée.
Repères utiles
- La provocation n’efface pas une infraction de coups et blessures, mais peut influencer l’évaluation de la peine.
- La suspension simple du prononcé n’entraîne pas de peine immédiate: le justiciable évite une condamnation si aucune récidive n’intervient dans le délai fixé.
- Un sursis suspend l’exécution de la peine d’emprisonnement tant que les conditions sont respectées; il peut être révoqué en cas de nouvel écart.
Dans cette affaire, les peines prononcées tracent une frontière claire entre les responsabilités: d’un côté, un retour sur les lieux pour « en découdre » et des antécédents lourds; de l’autre, une réaction jugée fautive mais prise en compte dans sa dynamique de provocation. Le message envoyé par le tribunal vise autant la dissuasion que la prévention lors des rassemblements festifs en centre-ville.