Une recherche menée en Indonésie et coordonnée par plusieurs institutions, dont l'Université de Genève (UNIGE), remet en question l'impact additionnel des engagements volontaires d'entreprises contre la déforestation. En analysant des images satellites, les auteurs constatent que la diminution de la déforestation est très similaire entre les filières qui ont adhéré aux dispositifs dits de « zéro déforestation et conversion » (ZDC) et celles qui ne l'ont pas fait.
Résultats chiffrés et méthode
Les auteurs rapportent une baisse d'environ 6,7 % de la déforestation dans les entreprises signataires du ZDC, contre 6,5 % pour les sociétés non engagées. L'analyse repose sur un suivi par images satellitaires permettant de comparer les tendances de déboisement selon le statut des acteurs au sein des filières concernées.
"quasi comparable dans leurs filières"
Cette formulation, reprise par les chercheurs, souligne la proximité des niveaux de réduction observés entre les deux groupes étudiés.
Explications possibles et limites
Les auteurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces résultats. Ils évoquent d'une part des conditions moins favorables à l'expansion agricole sur la période considérée, et d'autre part le rôle d'un moratoire national pris par les autorités indonésiennes, qui a pu freiner l'extension des cultures responsables de déforestation, notamment pour l'élevage et l'huile de palme.
Les chercheurs ne ferment pas la porte à d'autres interprétations : il est possible que la différence entre acteurs engagés et non engagés devienne plus marquée si la pression sur les forêts augmente à l'avenir.
Conséquences pour la gouvernance et les politiques
Ces conclusions invitent à la prudence quant à l'attribution exclusive des gains de conservation aux initiatives volontaires d'entreprises. Elles suggèrent que les politiques publiques, les moratoires et les conditions économiques peuvent jouer un rôle déterminant et qu'il est difficile d'isoler l'effet « entreprise » sans tenir compte de ce contexte plus large.
- Principale donnée : -6,7 % (entreprises ZDC) vs -6,5 % (entreprises non ZDC).
- Méthode : comparaison par imagerie satellite des filières en Indonésie.
- Perspectives : poursuite des travaux notamment au Brésil, selon les auteurs.
Prochaines étapes de la recherche
Le travail, soutenu par le Fonds national suisse (FNS), se poursuit et doit être étendu à d'autres zones sensibles, en particulier le Brésil, pour vérifier la robustesse des résultats dans des contextes politiques et économiques différents. Les conclusions mettent en lumière la nécessité d'évaluations rigoureuses et comparatives lorsqu'on mesure l'efficacité des engagements privés en matière environnementale.
| Groupe | Réduction observée |
|---|---|
| Entreprises signataires ZDC | 6,7 % |
| Entreprises non signataires | 6,5 % |
En synthèse, cette étude souligne que les engagements volontaires des entreprises ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer le recul de la déforestation en Indonésie sur la période analysée. Une combinaison d'actions publiques, de conditions économiques et de mesures de marché semble déterminer l'évolution des superficies forestières, d'où l'intérêt d'une approche intégrée pour concevoir des politiques efficaces.