Des effectifs en hausse, mais des postes critiques restent vacants
Au Grand-Duché, l’emploi public progresse, sans effacer les tensions sur certains métiers. Selon une réponse parlementaire signée par les ministres Serge Wilmes et Luc Frieden, l’État employait 38 918 personnes au 31 décembre 2025, soit environ 6 000 de plus en cinq ans. Cette dynamique touche notamment l’administration générale (+2 148) et l’éducation (+2 588), tandis que le nombre de fonctionnaires et d’employés a également progressé (respectivement +3 611 et +2 487 par rapport à fin 2021).
Malgré ces recrutements, tous les renforts créés n’ont pas trouvé preneur. Sur les cinq dernières années, 292 postes additionnels sont restés vacants, en particulier dans l’enseignement postprimaire (88), à l’Administration des contributions directes (36) et au sein de la police grand-ducale (30).
« L’État est aussi confronté à une pénurie de main-d’œuvre, particulièrement marquée pour les profils expérimentés et hautement qualifiés ».
Près de 1 800 renforts recherchés, l’éducation concentre les besoins
À ce jour, l’exécutif indique qu’environ 1 800 postes de renforcement sont ouverts, parmi lesquels près de 300 correspondent à des fonctions non pourvues au cours des cinq dernières années. Une part très importante concerne le ministère de l’Éducation nationale et ses services: 606,3 équivalents temps plein, auxquels s’ajoutent 88 postes pour l’enseignement postprimaire.
Les autres besoins annoncés couvrent un large éventail de missions publiques, de l’ordre public aux systèmes d’information en passant par la justice et les infrastructures.
| Secteur / Administration | Postes à pourvoir |
|---|---|
| Ministère de l’Éducation (département et services) | 606,3 |
| Enseignement postprimaire | 88 |
| Police grand-ducale | 121 |
| Armée | 84 |
| Centre des technologies de l'information de l'État | 50 |
| Administration judiciaire | 70 |
| Administration des bâtiments publics | 50 |
| Administration des contributions directes | 97,25 |
Les ministres estiment qu’« un nombre significatif » de ces postes pourrait être pourvu « d’ici la fin de l’année », avec une priorité observable dans l’enseignement et la police.
Une procédure de recrutement uniformisée dès la mi-septembre
Autre évolution attendue: à partir du 15 septembre, le parcours de sélection dans la fonction publique sera uniformisé pour l’ensemble des candidats, à quelques exceptions près. Désormais, il faudra d’abord postuler sur une fonction précise avant de se présenter à l’épreuve d’aptitude générale (EAG), celle-ci étant annoncée comme accessible sur rendez-vous. Cette harmonisation vise à rendre le processus plus lisible et à fluidifier les embauches, en particulier sur les métiers en pénurie.
Des métiers en tension et une concurrence sur les profils expérimentés
La pénurie touche avant tout les profils expérimentés et hautement qualifiés, souligne le gouvernement. Les constats sont convergents: les administrations techniques, la sécurité, la fiscalité, l’informatique publique et l’éducation se disputent des candidats rares. Le renforcement des effectifs dans ces secteurs est crucial pour absorber la croissance démographique du pays, assurer la continuité des services essentiels et répondre aux attentes en matière de qualité de l’enseignement et de sécurité.
- 38 918 agents au 31/12/2025, environ +6 000 en cinq ans.
- ~1 800 postes de renforcement ouverts, dont plus de 600 à l’Éducation.
- 292 postes créés non pourvus sur la période récente, surtout dans l’enseignement postprimaire, la fiscalité et la police.
Quelles suites à court terme?
À brève échéance, la réussite de la campagne de recrutement dépendra de la capacité de l’État à attirer des candidats qualifiés et à accélérer les procédures. La mise en place du nouveau parcours commun dès la mi-septembre constitue un jalon opérationnel. Le suivi annoncé d’ici la fin de l’année permettra de mesurer si les recrutements se concrétisent dans les secteurs prioritaires et si les goulots d’étranglement se résorbent, d’abord dans l’éducation et la police.