Figure tutélaire de la scène musicale égyptienne, le compositeur et instrumentiste Hany Shenouda est décédé lundi 20 juillet, à l’âge de 83 ans, après un long parcours dédié à la création et à la transmission. Son nom reste associé à l’émergence d’une nouvelle grammaire sonore au sein de la chanson arabe dès les années 1970, mais aussi à des musiques de films qui ont marqué plusieurs générations.
Un artisan de la modernité musicale
Né en 1943 à Tanta, en Égypte, Hany Shenouda obtient son diplôme de l’École de musique en 1966 avant de poursuivre ses études à l’Institut supérieur de musique (Conservatoire). Très vite, il s’impose comme un arrangeur et compositeur soucieux d’ouvrir la chanson arabe à des horizons nouveaux. Son ambition artistique se cristallise en 1977 avec la création d’Al‑Massrieen, formation qui promeut un son plus contemporain, nourri de métissages et de recherches harmoniques, sans renier les héritages mélodiques de la région.
Découvreur de talents et passeur
Au-delà de ses propres œuvres, Shenouda a joué un rôle décisif dans l’éclosion de voix devenues incontournables. Il a notamment repéré et accompagné deux superstars de la scène égyptienne : Amr Diab et Mohamed Mounir. Son flair artistique, sa capacité à cerner un timbre, une personnalité, ont contribué à installer durablement ces artistes dans le paysage musical régional.
Le cinéma et la mémoire collective
Son empreinte ne se limite pas à la chanson : Hany Shenouda a composé la musique de nombreux films, participant à forger une mémoire sonore du septième art égyptien. Ces partitions, diffusées largement, ont accompagné la vie culturelle d’un public étendu, et alimenté un patrimoine commun.
Hommages et reconnaissance
À l’annonce de sa disparition, critiques et personnalités des médias ont salué une figure majeure de la culture en Égypte. Le critique Mousatafa Hamdy a écrit sur les réseaux sociaux :
« L’Égypte et le monde ont perdu l’une des figures les plus éminentes de la musique et de la culture »
Le grand animateur Mahmoud Saad a, lui, évoqué « un bel artiste, sincère, qui nous a régalé ». Des témoignages qui disent la place d’un musicien à la fois discret et déterminant, respecté pour la cohérence de son œuvre et son engagement dans la découverte de nouveaux talents.
Repères
| Année | Étape |
|---|---|
| 1943 | Naissance à Tanta (Égypte) |
| 1966 | Diplôme de l’École de musique, puis poursuite au Conservatoire |
| 1977 | Fondation de la formation Al‑Massrieen |
| 20 juillet | Décès à 83 ans |
Un legs qui dépasse les frontières
En renouvelant la chanson arabe tout en respectant ses codes, Hany Shenouda a façonné une esthétique qui a circulé bien au-delà des frontières égyptiennes. Son travail d’orchestrateur, sa manière d’articuler rythmes modernes et motifs traditionnels, ont contribué à un langage musical immédiatement reconnaissable. Son influence se lit autant dans la trajectoire de chanteurs devenus emblématiques que dans la manière dont les bandes originales égyptiennes ont gagné en ampleur et en sophistication.
- Pionnier d’une modernité musicale arabe dès les années 1970
- Mentor de figures majeures comme Amr Diab et Mohamed Mounir
- Compositeur de musiques de films qui ont marqué le public
La disparition de Hany Shenouda laisse un vide certain. Elle rappelle aussi combien la musique, lorsqu’elle s’ancre dans la curiosité et l’exigence, peut irriguer durablement une culture et ses artistes. Son héritage, transmis par les œuvres et par ceux qu’il a guidés, continuera de dialoguer avec les scènes d’aujourd’hui.