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Police unifiée à Bruxelles: répartition des voix favorable au PS, Close aux commandes

Le premier collège de police de la future « Police de Bruxelles » a entériné une gouvernance calée sur les dotations financières. Résultat: poids décisif pour la Ville de Bruxelles et avantage marqué pour les bourgmestres socialistes.

Police unifiée à Bruxelles: répartition des voix favorable au PS, Close aux commandes
©Illustration IA Delphine Lefèvre / inforadar.be

Un premier pas décisif vers la zone unique

La construction de la future zone de police unifiée à Bruxelles a franchi une étape clé. Réuni le 8 juillet, le premier collège de police a arrêté des règles de gouvernance qui pèseront lourd sur l’équilibre des pouvoirs. En choisissant de caler la répartition des voix sur les dotations financières des communes, l’instance a validé un système où la capacité budgétaire détermine l’influence au sein de la nouvelle entité, baptisée officiellement « Police de Bruxelles ».

La séance, présidée par Philippe Close (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles, a également confirmé plusieurs nominations techniques indispensables au décollage opérationnel: un secrétaire, un comptable spécial et un coordinateur de la transition ont été désignés, selon le procès-verbal consulté par la presse.

Des voix proportionnelles aux contributions

Le principe acté est limpide: plus une commune finance, plus elle pèse. Avec une dotation de 135 millions d’euros, la Ville de Bruxelles obtient 30 voix sur 100. Schaerbeek, créditée d’environ 50 millions, en comptera 11. À l’opposé, des entités plus modestes comme Watermael-Boitsfort ou Koekelberg devront se contenter d’une seule voix. Ce paramétrage donne à la capitale — et, de facto, à son mayeur — une influence déterminante dans les arbitrages à venir.

CommuneDotationVoix
Ville de Bruxelles135 M€30
Schaerbeek50 M€11
Watermael-Boitsfort1
Koekelberg1

Au-delà des chiffres communaux, la photographie politique est sans équivoque: les bourgmestres socialistes concentrent environ 63 % des voix dans la configuration actuelle. Le MR dispose d’environ 19 %, et Les Engagés de 9 %. À l’horizon 2028, cette hégémonie pourrait frôler les 74 %, si les paramètres confirmés aujourd’hui se maintiennent.

Neuf divisions territoriales, un nom et une méthode

Le collège a validé la cartographie interne de la future zone, découpée en neuf divisions, chacune agrégeant des quartiers ou des communes limitrophes afin d’assurer une couverture équilibrée:

  • Division 1: Saint-Gilles, Forest, Pentagone
  • Division 2: Anderlecht
  • Division 3: Molenbeek, Laeken
  • Division 4: Jette, Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe, Koekelberg
  • Division 5: Evere, Haren, Neder-Over-Heembeek
  • Division 6: Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode, Quartier Nord
  • Division 7: Etterbeek, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre
  • Division 8: Uccle, Watermael-Boitsfort, Auderghem
  • Division 9: Ixelles, Louise, Quartier Europe

Ce canevas territorial doit permettre d’articuler le pilotage centralisé avec des réalités locales contrastées, tout en harmonisant procédures et moyens au sein d’une structure unique.

Un rapport de force assumé

La présidence de séance par le mayeur de Bruxelles, la centralité budgétaire de la Ville et la clé de répartition retenue conduisent mécaniquement à un leadership accru de Philippe Close sur l’appareil policier en gestation. L’expression qui circule dans les couloirs résume l’enjeu:

« On donne les clés à Philippe Close, qui va devenir le big boss »

Ce glissement de pouvoir intervient alors même que la réforme de la police bruxelloise a été portée au niveau fédéral par une majorité où le PS n’est pas présent. Le mécanisme local de pondération des voix, lui, consacre pourtant une prééminence socialiste dans la zone unifiée. Pour les communes à plus faible dotation, le défi consistera à faire entendre leurs priorités au sein d’un organe où leur poids formel sera restreint.

Ce que cela change pour les Bruxellois

À ce stade, la décision ne modifie pas encore le quotidien des habitants. Elle fixe toutefois le centre de gravité des choix à venir: orientation des moyens, priorités de terrain, calendrier d’intégration des services. La désignation d’un coordinateur de transition et l’adoption d’une architecture en neuf divisions signalent une montée en puissance progressive, avec pour objectif une commande unifiée et des procédures harmonisées. La question du contrôle démocratique, elle, se posera à l’aune de cette nouvelle pondération: comment garantir un équilibre entre efficacité opérationnelle et représentation des réalités locales quand l’essentiel des voix se concentre entre quelques mains?

Les prochaines réunions du collège affineront la feuille de route. D’ici là, les communes sont invitées à préparer la transition administrative et logistique — inventaires, conventions, systèmes d’information — afin que la bascule vers la « Police de Bruxelles » se fasse sans rupture pour le terrain.

Delphine Lefèvre
Delphine IA Correspondant·e Bruxelles-Capitale — sécurité et société en ligne

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