Conflit sur Montgomery : la commune réclame transparence et suspension
Le bourgmestre et l'échevin en charge de la mobilité de Woluwe-Saint-Lambert ont saisi Bruxelles Mobilité, la ministre régionale de la Mobilité et le ministre-président bruxellois pour dénoncer ce qu'ils qualifient de « passage en force » dans le dossier du square Montgomery. Dans leur courrier, les autorités communales affirment ne pas avoir été consultées depuis 2022-2023 et déclarent n'avoir découvert les plans qu'à la réception du dossier envoyé par l'administration régionale.
Le collège remet notamment en cause :
- l'absence apparente de permis d'urbanisme pour l'aménagement temporaire ;
- le maintien de blocs de type Jersey jugés incompatibles avec la qualité de l'espace public ;
- le manque de concertation avec les riverains et la commune avant la mise en œuvre.
Les élus demandent formellement la suspension du processus en cours et réclament l'organisation d'une concertation afin d'éclaircir l'avenir du projet global de réaménagement de l'avenue de Tervueren et du square.
De son côté, Bruxelles Mobilité rejette le diagnostic posé par Woluwe-Saint-Lambert et parle d'une simple « régularisation ». La porte-parole de l'administration, Camille Thiry, indique que l'opération s'inscrit dans le retrait progressif des blocs de béton prévu par l'accord de majorité régional et décrit un remplacement des éléments amovibles par des potelets et du marquage au sol, tout en conservant certains dispositifs pour des raisons de sécurité.
« Il y a une mauvaise compréhension, c'est juste une régularisation », affirme la porte-parole de Bruxelles Mobilité.
Bruxelles Mobilité estime en outre que cette mise en conformité n'impose pas de nouvelle concertation et précise que des échanges avec la commune et les riverains auront lieu dans le cadre du futur projet global de réaménagement du square Montgomery.
Enjeux locaux et suite attendue
Pour Woluwe-Saint-Lambert, la controverse dépasse la seule question esthétique : elle touche à la légitimité des décisions qui modifient l'espace public et à la sécurité routière dans un carrefour fréquenté. Les habitants attendent désormais des précisions sur :
- le calendrier de retrait et de remplacement des blocs ;
- la nature exacte des éléments qui resteront pour des motifs de sécurité ;
- les modalités et le calendrier de la concertation annoncée pour le projet global.
| Acteurs | Position |
|---|---|
| Woluwe-Saint-Lambert (bourgmestre et échevin) | Demande suspension et concertation |
| Bruxelles Mobilité | Parle de régularisation et retrait progressif des blocs |
La tension révèle une divergence de lecture entre une commune attentive à sa maîtrise de l'espace public et une administration régionale qui privilégie l'application d'un plan régional. La suite dépendra de la capacité des deux parties à clarifier le cadre administratif et à organiser, comme annoncé, des échanges publics sur le réaménagement à venir.