Un printemps 1997 qui a bouleversé la ville
Au printemps 1997, Mons a été le théâtre d'une affaire criminelle hors norme qui a durablement marqué les services de police et la population. La découverte, dans la région montoise, de 15 sacs-poubelle contenant au total 37 parties de corps a révélé l'existence d'un tueur en série, rapidement surnommé par la presse le « dépeceur de Mons ». Ces restes appartenaient à cinq victimes, selon les informations rassemblées durant l'enquête.
La constitution de la cellule Corpus
Face à l'ampleur et à l'inhabituelle nature des faits, le parquet et le juge d'instruction ont demandé aux spécialistes de réorganiser les investigations. Le commissaire principal Guy‑Marie Martin, jusqu'alors affecté à la section de recherche banditisme de la police judiciaire de Mons, a accepté de prendre la tête d'une structure dédiée à la piste : la cellule dite Corpus. Sa nomination intervenait alors qu'il envisageait de quitter la région, encore marqué par l'assassinat, l'année précédente, de l'inspecteur Simon Poncelet dans les locaux de la PJ.
Des investigations menées « tous azimuts »
Les magistrats et les enquêteurs ont rapidement dû multiplier les vérifications et les recoupements. Comme le rappelle Alain Cardon, greffier auprès du juge Pierre Pilette, l'équipe a été confrontée à une situation inédite pour les autorités locales, qui ont dû traiter de très nombreux renseignements arrivant de toutes parts.
« À chaque fois que je reviens à Mons, j’ai la boule au ventre parce que cette affaire n’est pas résolue »
Cette phrase, prononcée par Guy‑Marie Martin près de trois décennies après les faits, témoigne de l'empreinte laissée par l'enquête sur ceux qui l'ont conduite et sur la ville elle‑même. La douleur des familles et le besoin de reconnaissance pour le travail accompli sont au centre des récits des acteurs de l'époque.
Conséquences locales et portée de l'enquête
Au-delà de l'onde de choc initiale, l'affaire a eu des effets durables sur l'organisation policière et judiciaire à Mons :
- Renforcement des moyens d'investigation pour les affaires complexes.
- Mise en place de cellules spécialisées pour traiter des crimes atypiques.
- Traumatismes persistants parmi les policiers ayant travaillé sur le dossier.
Les protagonistes de l'enquête insistent sur la difficulté d'aborder un phénomène jusqu'alors inédit dans la région, où l'accumulation d'indices et leur vérification ont constitué un travail de longue haleine.
| Élément | Chiffres |
|---|---|
| Sacs-poubelle retrouvés | 15 |
| Parties de corps | 37 |
| Victimes | 5 |
| Année des découvertes | 1997 |
Trente ans après les faits, l'affaire reste dans les mémoires des services et de certains acteurs judiciaires. Les dossiers de l'époque continuent d'être un point de référence pour les spécialistes de la criminalité grave en Hainaut et interrogent sur les méthodes d'enquête et le suivi des victimes dans le temps.
Pour les Montois, ce chapitre sombre de la fin du XXe siècle rappelle l'importance de la mémoire judiciaire et du soutien aux proches des victimes. La constitution de la cellule Corpus et l'investissement personnel d'enquêteurs comme Guy‑Marie Martin illustrent la mobilisation locale face à un dossier exceptionnel.