Après une décennie de données combinées, l'équipe internationale a déterminé la masse des six planètes du système HIP 41378, une étoile de type solaire située à environ 346 années‑lumière dans la constellation du Cancer. Les résultats, publiés en 2026 et issus d'une collaboration prolongée, apportent des informations cruciales sur la nature de ces mondes extrasolaires — et soulèvent de nouvelles énigmes.
Des mesures longues à obtenir
Le système HIP 41378 avait été repéré initialement en 2015 par le télescope spatial Kepler grâce à la méthode des transits, qui fournit le rayon des planètes en mesurant la baisse de luminosité lors de leur passage devant l'étoile. Mais connaître le rayon ne suffit pas à déterminer la composition : il faut aussi la masse. C'est ce que l'étude publiée en 2026 a permis de réaliser, en s'appuyant sur dix années d'observations regroupées par une équipe internationale, y compris des chercheurs travaillant en France.
« Sans cette information, il est très difficile de déterminer leur composition »,
expliquent les auteurs, soulignant l'importance complémentaire des mesures de transit et des techniques qui évaluent l'effet gravitationnel des planètes sur leur étoile hôte.
Une planète presque « Saturne‑size », mais très peu dense
Parmi les six planètes dont la masse a été déterminée, l'une se distingue : elle possède un rayon proche de celui de Saturne mais une masse remarquablement faible, si bien que sa densité apparaît anormalement faible au regard des modèles usuels de formation et d'évolution planétaire. Les chercheurs évoquent également des indices pouvant correspondre à une septième planète, mais cet élément reste à confirmer.
- Durée des observations : dix ans de mesures combinées.
- Nombre de planètes mesurées : six (avec un signal possible d'une septième).
- Distance : ≈ 346 années‑lumière, constellation du Cancer.
Conséquences pour la planétologie
La disponibilité simultanée des rayons et des masses pour ces six planètes permet d'estimer leur densité et donc d'affiner des hypothèses sur leur composition — atmosphères étendues, enveloppes gazeuses peu massives, ou structures internes atypiques. Le cas de la planète de grande taille mais de très faible masse est particulièrement problématique : il oblige à reconsidérer la gamme possible de structures planétaires et les mécanismes qui peuvent conduire à des enveloppes extrêmement légères autour d'un noyau.
| Élément | Informations disponibles |
|---|---|
| Étoile | Type solaire, légèrement plus grande et chaude que le Soleil |
| Distance | ≈ 346 années‑lumière |
| Planètes confirmées | 6 (masses mesurées) |
| Planète notable | Taille comparable à Saturne mais masse très faible |
Ces résultats illustrent la valeur des campagnes d'observations longues et coordonnées : seules des séries temporelles étendues, issues de multiples instruments, permettent de séparer les signaux subtils des planètes de ceux produits par l'étoile. Pour progresser, les chercheurs devront compléter ces mesures par des observations supplémentaires — spectroscopie d'absorption des atmosphères, surveillance dynamique et modélisation — afin de confirmer la nature exacte de la planète « légère » et d'évaluer l'existence éventuelle d'une septième compagne.
Enjeux : mieux contraindre les modèles de formation planétaire et améliorer notre compréhension des atmosphères et des pertes de masse, notamment pour des planètes de grande taille mais de faible densité.