L’Indonésie place l’intelligence artificielle (IA) au cœur de sa stratégie de croissance numérique. Selon le ministre coordinateur de l’Économie Airlangga Hartarto, l’IA peut constituer un véritable « game changer » pour l’archipel et, plus largement, pour l’écosystème économique de l’ASEAN. À la clé, des montants potentiels évalués en centaines de milliards de USD d’ici 2030 et une accélération des paiements transfrontaliers portée par l’interopérabilité de QRIS, le standard indonésien de QR code de paiement.
Des projections chiffrées ambitieuses à l’horizon 2030
Le ministre avance des perspectives fortes pour le numérique et l’IA dans son pays, avec une trajectoire déjà balisée par des initiatives publiques antérieures. Il rappelle que l’Indonésie a lancé une feuille de route « Industrie 4.0 » dès 2018, intégrant l’IA parmi ses piliers.
| Indicateur | Montant/période |
|---|---|
| Potentiel de l’économie numérique indonésienne d’ici | 135 milliards USD en 2026 |
| Potentiel de l’économie numérique indonésienne en | 366 milliards USD en 2030 |
| Économie numérique de l’ASEAN (après accord-cadre) | de 1 trillion USD à 2 trillions USD |
| Potentiel Indonésie dans ce cadre ASEAN | de 400 milliards USD à 600 milliards USD |
| Contribution potentielle de l’IA à l’Indonésie (BAU) | 400 milliards USD en 2030 |
| Contribution de l’IA avec un cadre d’économie digitale | jusqu’à 2 trillions USD |
« L’IA est l’un des “game changers” de l’avenir et aucun pays n’est le leader dans le domaine de l’IA, de sorte que nous puissions avancer ensemble avec d’autres pays en utilisant l’IA. »
Airlangga Hartarto souligne par ailleurs l’importance d’un accord de travail sur le cadre économique numérique de l’ASEAN, dont la signature est attendue sous présidence philippine. Selon lui, cet accord doublerait la taille potentielle de l’économie numérique régionale, avec des effets d’entraînement pour l’Indonésie.
Interopérabilité des paiements: QRIS s’ouvre à l’ASEAN et à l’Asie du Nord-Est
Au-delà des volumes projetés, Jakarta met en avant des outils concrets. Le système QRIS Indonesia est déjà utilisable pour des transactions en multidevises avec plusieurs pays. Le ministre cite des connexions couvrant des pays de l’ASEAN, mais aussi la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Cette interopérabilité vise à faciliter les paiements du quotidien et les flux commerciaux, en réduisant les frictions liées aux conversions et aux coûts de transaction.
La stratégie repose aussi sur l’ouverture internationale des discussions techniques et réglementaires liées à l’IA. L’Indonésie est signataire de WAICO, avec le statut de « fondateur », ce qui lui confère un accès privilégié aux échanges sur la gouvernance et le développement de l’intelligence artificielle.
Ce que cela change pour les entreprises et les ménages
Pour les entreprises belges, ces annonces dessinent un environnement régional où les services numériques, la fintech et les solutions IA prennent de l’ampleur, avec un cadre commun susceptible de simplifier l’entrée sur de nouveaux marchés. L’interopérabilité de QRIS avec plusieurs pays asiatiques peut, par exemple, fluidifier des transactions de détail ou B2B avec des partenaires utilisant des QR codes standardisés, en particulier dans les services, le commerce et l’e-commerce.
- Des opportunités pour les fournisseurs de solutions IA appliquées: optimisation opérationnelle, analyse de données, automatisation.
- Des paiements transfrontaliers plus aisés grâce aux QR codes interopérables et au multidevise.
- Un cadre régional (ASEAN) en préparation, pensé pour accélérer la numérisation et l’investissement.
Côté ménages, la normalisation des paiements par QR code et l’essor des plateformes numériques peuvent se traduire par des parcours d’achat plus simples lors de séjours en Asie, et des services en ligne plus intégrés. Pour les PME exportatrices, la combinaison IA + paiement mobile peut réduire certains coûts indirects (temps de traitement, erreurs, rapprochements), à condition d’adapter les systèmes de facturation et de conformité.
Cap sur l’exécution: de l’annonce aux résultats
Le signal politique indonésien est clair: l’IA et l’économie numérique sont des priorités et s’inscrivent dans une trajectoire débutée en 2018 avec « Industrie 4.0 ». La traduction opérationnelle repose désormais sur la mise en œuvre de l’accord-cadre numérique de l’ASEAN, la montée en charge de QRIS au-delà des frontières et la participation active aux forums internationaux comme WAICO. La réalisation des montants évoqués par Jakarta dépendra de l’appropriation par les entreprises, de la disponibilité des compétences et de la capacité à intégrer l’IA dans des cas d’usage concrets.
Pour les acteurs européens, suivre l’évolution de ces chantiers devient stratégique: partenariats technologiques, conformité des moyens de paiement et interopérabilité seront des sujets clés pour capter une partie de la croissance annoncée. Les chiffres partagés par le ministre indonésien offrent une boussole: à court terme, cap sur 2026 et un potentiel de 135 milliards USD pour le numérique local; à moyen terme, montée vers 366 milliards USD en 2030 avec l’IA comme accélérateur.