Le président bolivien Rodrigo Paz a procédé vendredi 21 août au limogeage de son ministre de l'Économie, José Gabriel Espinoza, après une motion de censure votée au Parlement pour absence à une convocation sur sa gestion, a annoncé un décret publié au Journal officiel.
Les faits et le vote
La censure avait été prononcée mardi en séance parlementaire. Selon les chiffres communiqués, 91 des 129 députés présents ont voté en faveur de la censure, sur un hémicycle qui compte au total 166 membres. Le gouvernement avait d'abord contesté la validité de la sanction, estimant que la majorité qualifiée de deux tiers nécessaire n'avait pas été atteinte, et avait saisi le Tribunal constitutionnel.
| Élément | Chiffres |
|---|---|
| Parlementaires présents | 129 |
| Votes pour la censure | 91 |
| Total des sièges | 166 |
Motifs et contexte
Le ministre avait été appelé à rendre des comptes sur plusieurs sujets sensibles : l'émission d'obligations souveraines et les retards dans l'élaboration du budget de l'État. Il s'était déclaré dans l'impossibilité de se présenter, invoquant d'abord un déplacement à Santa Cruz puis un voyage au Brésil. Le décret présidentiel stipule que «
Il est mis fin à la nomination du ministre de l'Économie et des Finances publiques, José Gabriel Espinoza», formalisant ainsi son départ.
Conséquences économiques et politiques
Cette démission intervient alors que la Bolivie traverse ce que les observateurs qualifient de sa plus grave crise économique depuis quatre décennies : déficit public persistant, production d'hydrocarbures en recul, réserves en devises sous pression et inflation élevée. La stabilité de l'équipe économique est un élément clé pour poursuivre les négociations avec les institutions financières internationales et les créanciers.
- Impact sur les marchés : une instabilité ministérielle complique la mise en œuvre des programmes de financement et peut accroître la perception de risque des investisseurs.
- Pour les ménages : l'absence de feuille de route budgétaire claire peut retarder les mesures de soutien ou d'ajustement, et contribuer à une hausse des prix si l'inflation n'est pas maîtrisée.
- Pour les entreprises : la incertitude autour du calendrier budgétaire et des émissions souveraines peut freiner l'accès au crédit et les investissements.
Remplacement et suite
Le président a nommé par intérim Oscar Mario Justiniano Pinto, ministre de la Production durable, de l'Environnement et de l'Eau, pour assurer l'intérim à la tête du ministère des Finances. Le départ d'Espinoza survient quelques jours après l'arrestation d'un proche conseiller du président, ce qui ajoute une dimension politique à une crise déjà fortement ancrée sur le plan économique.
Sur le plan international, sous la direction d'Espinoza, La Paz avait engagé des discussions et des accords de financement avec des institutions telles que la Banque interaméricaine de développement, la CAF et le Fonds monétaire international. La continuité des négociations dépendra désormais de la capacité de l'exécutif à stabiliser son équipe et à présenter un plan budgétaire crédible.
En l'absence de calendrier budgétaire clair et face à une inflation persistante, la population et le secteur privé resteront attentifs aux prochaines étapes : confirmation d'un nouveau ministre, bilan des engagements pris avec les bailleurs et calendrier de publication du budget national.