Un sondage Eurobaromètre rendu public récemment révèle que 75 % des citoyennes et citoyens de l’Union européenne considèrent que l’enseignement général au niveau du secondaire supérieur jouit d’une réputation plus positive que la formation professionnelle. Le résultat interroge les politiques éducatives, les équipes d’orientation et les familles qui doivent accompagner un choix d’orientation lourd de conséquences.
Ce que dit l’enquête et ce que cela implique
Selon l’enquête, la préférence pour l’image de la voie générale est particulièrement marquée dans certains pays nordiques, tandis qu’elle est moins nette ailleurs. L’étude met aussi en lumière les sources d’influence dans le choix d’orientation : les parents pèsent plus que les enseignants.
- Parents : cités comme influence majoritaire (35 %).
- Enseignants : orientation professionnelle mentionnée par 28 % des personnes interrogées.
- Les facteurs comme le prestige perçu de la formation professionnelle (16 %) et les réseaux sociaux (14 %) comptent moins.
Compétences et débouchés : deux visions opposées
L’enquête révèle une double perception : d’un côté, près de la moitié des répondants estiment que les cursus professionnels ne suffisent pas toujours à transmettre les compétences fondamentales (maîtrise de la lecture, outils numériques, compétences transversales comme la communication ou l’esprit critique). De l’autre, une large majorité affirme que les certificats professionnels ouvrent la voie à des métiers très demandés.
| Constat | Chiffre |
|---|---|
| Préférence d’image pour la filière générale | 75 % |
| Poids des parents dans l’orientation | 35 % |
| Poids des enseignants | 28 % |
| Formation pro insuffisante pour compétences de base (perception) | 50 % |
| Choix motivé par la nécessité d’un emploi rapide | 53 % |
| Perception que les diplômes pro mènent à des emplois recherchés | Plus de 80 % |
| Biais de genre (femmes encouragées vers la voie générale) | 71 % |
Conséquences pour les familles et les acteurs de l’éducation
Pour les parents et les élèves en Belgique, plusieurs enseignements pratiques se dégagent sans attendre des décisions politiques :
- Accorder une place nette à l’information : vérifier la réalité des débouchés locaux et la structure des programmes professionnels avant de guider un élève.
- Sonder l’offre scolaire et les partenariats entreprises pour évaluer l’adéquation formation/emploi.
- Veiller à l’équilibre entre compétences techniques et compétences transversales dans les cursus choisis.
Le rôle des autorités et des établissements
Le rapport met aussi en lumière des pistes d’action pour les pouvoirs publics et les établissements : renforcer la qualité perçue des parcours professionnels, améliorer la transmission des savoirs fondamentaux au sein des filières techniques et lutter contre les stéréotypes de genre qui peuvent orienter les jeunes de manière contraignante.
Enfin, le fait que plus de la moitié des Européens signalent la recherche rapide d’un emploi comme moteur du choix de la formation professionnelle souligne l’importance d’un accompagnement complet (information, stages, passerelles) pour que le choix d’orientation soit éclairé et durable.
Ce baromètre européen ne remplace pas des diagnostics nationaux détaillés, mais il fournit un éclairage utile pour les parents, les élèves et les professionnels de l’éducation qui veulent comparer perception et réalité sur le marché du travail.