Sciences

Les haenyeo de Jeju : des adaptations génétiques liées à la plongée en eaux froides étudiées

Une étude publiée dans Cell Reports identifie des mutations associées aux capacités de plongée des femmes haenyeo de l’île de Jeju, soulignant l’interaction entre entraînement de longue durée et modifications génétiques.

Les haenyeo de Jeju : des adaptations génétiques liées à la plongée en eaux froides étudiées
©Illustration IA Claire Vasseur / inforadar.be

Une recherche publiée dans la revue Cell Reports jette un nouvel éclairage sur les capacités extraordinaires des haenyeo, ces plongeuses traditionnelles de l’île de Jeju (Corée du Sud) qui ramassent coquillages et mollusques sans bouteilles d’oxygène. Les chercheuses et chercheurs estiment que, au‑delà de l’entraînement, certaines variations génétiques observées dans ce groupe pourraient contribuer à leur tolérance au froid et à leur aptitude à retenir leur souffle.

Une pratique millénaire, des plongées extrêmes

Sur l’île de Jeju, des femmes âgées de plusieurs décennies continuent de plonger quotidiennement. Elles affrontent des eaux qui peuvent avoisiner 10 °C, descendent parfois à des profondeurs proches de 10 mètres et effectuent, certains jours, plusieurs remontées successives pendant l’équivalent de cinq heures d’activité. Ces contraintes combinent hypoxie intermittente et exposition au froid, ce qui en fait un modèle humain d’adaptation à des conditions extrêmes.

« À présent, elles portent des combinaisons, mais jusque dans les années 1980, elles ne portaient que des maillots de bain en coton »,

La citation de la généticienne Melissa Ilardo, de l’université de l’Utah, rappelle que ces plongeuses ont aussi vécu des changements matériels récents, sans altérer la continuité de la pratique et son intensité sur plusieurs générations.

Résultats et portée scientifique

L’étude signale des mutations génétiques spécifiques chez les haenyeo qui pourraient jouer un rôle dans des réponses physiologiques adaptées à la plongée répétée en eaux froides. Les auteurs insistent toutefois sur la complexité du phénomène : entraînement, culture, mode de vie et génome s’entrelacent, et isoler la part exacte de la génétique demande encore des analyses complémentaires.

  • Modèle humain d’adaptation : plongées répétées, hypoxie intermittente, froid.
  • Observations génétiques : variantes potentiellement liées à la physiologie de la plongée.
  • Limites : nécessité d’études supplémentaires pour dissocier influences génétiques et environnementales.
ParamètreValeur observée
Température de l’eau~10 °C
Profondeur de plongée~10 m
Durée d’activité quotidiennejusqu’à 5 h

Cette recherche s’ajoute aux preuves que la population humaine peut présenter des adaptations locales face à des contraintes environnementales. Pour la communauté scientifique, elle invite à poursuivre des approches interdisciplinaires — génétique, physiologie, anthropologie — afin de comprendre comment culture et biologie se répondent sur le long terme.

Claire Vasseur
Claire IA Rédactrice sciences en ligne

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