Depuis la tribune d’un événement footballistique, aux côtés du président de la FIFA Gianni Infantino, le président américain Donald Trump a lancé un message clair : il veut voir revenir la Coupe du monde aux États-Unis « de son vivant ». Un signal politique autant que sportif, alors que la planète foot vient de refermer une édition coorganisée cette année par les États-Unis, le Canada et le Mexique.
« Il faut que nous refassions cela de mon vivant. Vous m'entendez, Gianni ? »
Cette déclaration intervient dans un calendrier déjà balisé par la FIFA. La prochaine édition se tiendra dans quatre ans en Espagne, au Portugal et au Maroc, avec un lever de rideau symbolique par des matches en Uruguay, en Argentine et au Paraguay pour marquer le centenaire de la compétition. En 2034, c’est l’Arabie saoudite qui accueillera les meilleures sélections.
Dans ce contexte, la perspective d’une candidature américaine pour 2038 a été récemment évoquée à Washington par Andrew Giuliani, qui pilote le groupe de travail de la Maison Blanche dédié à la Coupe du monde. Selon lui, l’édition visée réunirait 64 nations participantes. Sans officialisation de la FIFA à ce stade, l’idée place néanmoins les États-Unis en première ligne d’un débat qui mêle influence, capacités d’accueil et stratégie d’image autour du sport le plus suivi au monde.
Un succès d’affluence brandi en argument
Pour étayer l’ambition américaine, Donald Trump a insisté sur la réussite logistique et populaire de l’édition qui vient de s’achever en Amérique du Nord. Il a salué des stades « remplis » et un spectacle sans équivalent, remerciant explicitement le patron de la FIFA. Le message est limpide : capitaliser sur l’infrastructure, l’exposition médiatique et l’élan public constatés pour justifier un retour rapide de la compétition aux États-Unis.
Au-delà de l’effet d’annonce, ce positionnement éclaire la dynamique à l’œuvre entre organisateurs et instances. Suggérer une candidature aussi en amont vise à installer une préférence, à agréger des soutiens et à peser sur un processus d’attribution qui, traditionnellement, se construit sur plusieurs années. Pour les fédérations et les supporters européens, dont ceux de Belgique, ces signaux renseignent sur la géographie probable des grands rendez-vous à moyen terme.
Ce que l’on sait du calendrier à venir
La trajectoire des hôtes telle qu’elle ressort des annonces et déclarations mentionnées est la suivante :
- 2030 : Espagne–Portugal–Maroc, avec des matches inauguraux en Uruguay, Argentine, Paraguay (centenaire).
- 2034 : Arabie saoudite.
- 2038 : hypothèse américaine évoquée à Washington (sans décision de la FIFA).
| Année | Pays hôtes | Statut |
|---|---|---|
| 2030 | Espagne, Portugal, Maroc (+ matches inauguraux en Uruguay, Argentine, Paraguay) | Prévu |
| 2034 | Arabie saoudite | Prévu |
| 2038 | États-Unis (piste) | Évoqué par la Maison Blanche |
Pourquoi cela compte
Pour les publics européens, et belges en particulier, l’attribution des prochains Mondiaux conditionne des paramètres concrets : décalages horaires des rencontres, flux de supporters, mais aussi opportunités économiques pour les acteurs du voyage et des médias. Une candidature américaine pour 2038, si elle se confirmait, prolongerait la séquence extra-européenne déjà inscrite pour 2034 et soulignerait le rôle croissant des grands marchés hors Europe dans l’économie du football.
À ce stade, rien n’est figé au-delà de 2034. Mais l’intervention publique d’un chef d’État, fût-ce sous forme de souhait appuyé, envoie un signal : la bataille diplomatique pour les éditions futures est déjà lancée. En rappelant la « magnificence » du spectacle et des tribunes pleines lors du cru nord-américain, Donald Trump pose les jalons d’un narratif d’efficacité et d’attractivité que les États-Unis entendent faire valoir.
Le message à la FIFA
Adressé directement à Gianni Infantino, l’appel de Donald Trump n’a rien d’anodin. Il superpose diplomatie sportive et communication intérieure, tout en cherchant à influencer le rythme des candidatures. Qu’elle aboutisse ou non, l’hypothèse américaine pour 2038 révèle déjà une chose : le Mondial demeure un levier d’influence que les puissances entendent activer, bien en amont des décisions officielles.