Le ministère vietnamien de l’Éducation et de la Formation a publié la circulaire n° 59/2026/TT‑BGDĐT, qui entrera en vigueur le 1er septembre 2026. Pour la première fois, un texte encadre explicitement la possibilité pour les établissements d’embaucher à temps plein des enseignants après leur retraite, à condition qu’ils remplissent des critères définis. Cette mesure, présentée comme un moyen d’utiliser efficacement l’expérience des enseignants, s’accompagne de garde‑fous destinés à protéger la formation de la relève et l’emploi des titulaires.
Un cadre juridique unifié pour les enseignants retraités
La circulaire n° 59 remplace les dispositions des circulaires n° 44/2011/TT‑BGDĐT et n° 11/2013/TT‑BGDĐT. Elle vise à concrétiser plusieurs textes législatifs vietnamiens – loi sur les enseignants, loi sur l’éducation, loi sur l’enseignement professionnel et loi sur l’enseignement supérieur – en rassemblant les règles relatives à l’emploi d’enseignants expérimentés au sein d’un dispositif cohérent et national.
Jusqu’ici, la réglementation couvrait principalement le recours à des chargés de cours invités. La nouveauté tient à l’ouverture de contrats de travail à temps plein pour des enseignants ayant pris leur retraite, lorsque les conditions prévues sont rencontrées. Le texte détaille les principes de signature et d’exécution des contrats, les conditions d’emploi, la durée du travail, la rémunération et les indemnités, ainsi que les droits et obligations des enseignants et les responsabilités des établissements.
Des garde-fous pour la relève et le droit du travail
Le ministère souligne que l’embauche de retraités ne doit pas compromettre la stratégie de formation des futurs enseignants, ni remplacer le personnel titulaire en place. Le dispositif doit en outre demeurer conforme à la législation du travail. L’intention affichée est de mobiliser des ressources humaines « de haute qualité » – experts, scientifiques, conférenciers expérimentés – pour l’enseignement et la recherche scientifique, dans la perspective d’améliorer la qualité des formations.
Ce qui change concrètement pour les établissements
- Nouvelle option contractuelle : au-delà des interventions ponctuelles, possibilité de contrats à temps plein avec des enseignants retraités remplissant les conditions fixées.
- Clarté des règles : principes de signature, temps de travail, salaires et indemnités, droits/obligations et responsabilités institutionnelles sont explicités.
- Limites posées : pas de substitution au corps enseignant titulaire ; respect des politiques de formation initiale des enseignants et du droit du travail.
Calendrier et textes de référence
| Élément | Détail |
|---|---|
| Entrée en vigueur | 1er septembre 2026 |
| Nouvelle circulaire | 59/2026/TT‑BGDĐT |
| Textes remplacés | 44/2011/TT‑BGDĐT et 11/2013/TT‑BGDĐT |
| Champs légaux visés | Loi sur les enseignants ; Loi sur l’éducation ; Loi sur l’enseignement professionnel ; Loi sur l’enseignement supérieur |
Pour les familles et les étudiants : quels effets attendus ?
Le ministère présente cette réforme comme un levier pour pérenniser et diffuser l’expertise pédagogique au sein des établissements. Sur le terrain, cela pourra se traduire par une présence accrue d’enseignants comptant de longues années d’expérience, y compris dans des missions de recherche et d’accompagnement pédagogique. Les établissements devront toutefois calibrer ces recrutements afin de ne pas freiner l’insertion des jeunes diplômés et pour rester alignés avec leurs stratégies de développement des compétences.
Pour les étudiants, l’arrivée d’enseignants retraités à temps plein pourrait renforcer l’encadrement académique dans certaines filières, notamment là où l’expertise professionnelle et scientifique est déterminante. Les parents et élèves y verront potentiellement une continuité pédagogique accrue, avec des profils capables de transmettre des savoir-faire éprouvés, tout en bénéficiant du cadre légal actualisé qui précise horaires, obligations et droits des intervenants.
Enjeux de mise en œuvre
La réussite du dispositif reposera sur la capacité des établissements à évaluer les besoins et à documenter les conditions d’éligibilité des candidats retraités. La circulaire fixe des principes ; aux institutions reviendra la tâche d’articuler ces recrutements avec leurs plans d’études, leur politique RH et leurs obligations réglementaires. Le rappel de la non‑substitution au personnel titulaire invite à une gestion fine des effectifs et à des contrats ciblés sur des expertises difficiles à remplacer.
Au-delà du seul enseignement, le texte mentionne la recherche scientifique comme domaine d’intervention possible. Les établissements pourront donc, dans le respect du cadre, confier à des enseignants retraités des missions combinant cours, tutorat, participation à des projets et partage de méthodologies, en veillant à une traçabilité contractuelle et à l’alignement avec les normes du travail applicables.
Un signal dans le débat international sur les ressources enseignantes
En ouvrant clairement la voie à des contrats à temps plein après la retraite, le Vietnam adresse un signal sur la valorisation des carrières longues et l’utilisation des compétences accumulées dans le système éducatif. Cette approche, encadrée par des exigences de non‑substitution et de conformité sociale, rejoint des réflexions menées dans divers pays sur la manière d’associer enseignants expérimentés et relève au service de la qualité de l’éducation. Les prochains mois seront déterminants pour l’appropriation du texte par les établissements en amont de son entrée en vigueur en septembre 2026.