À Rouyn-Noranda, au cœur de l’Abitibi, la deuxième édition du RouynCon a confirmé samedi l’appétit intact du public pour les univers mêlant jeux vidéo, animes japonais, bandes dessinées et cosplay. Inspiré des grands Comic-Cons qui ponctuent le calendrier culturel mondial, l’événement a franchi un cap visible : plus étendu, plus fourni, plus animé. Une journée pluvieuse, propice aux activités en intérieur, a encore renforcé l’affluence dans la salle des exposants, envahie par des visiteurs en quête d’achats, de rencontres et de clins d’œil costumés à leurs personnages fétiches.
Une croissance tangible d’une édition à l’autre
Derrière cette montée en puissance, l’organisateur Brad Davidson insiste sur la progression rapide de l’événement. Le rendez-vous s’est étalé sur deux étages, contre un seul l’an dernier, avec le double de vendeurs et des espaces dédiés aux jeux vidéo et aux jeux de société. La formule s’affine, l’offre s’élargit, et le public suit. L’enthousiasme, palpable d’un bout à l’autre du Centre des congrès, confirme que le RouynCon s’inscrit désormais dans le circuit très convoité des conventions de culture populaire.
« On a plus de tout, maintenant c’est deux étages […] On a le double des vendeurs, et maintenant on a une salle de jeux vidéo et de jeux de société », fait valoir Brad Davidson.
| RouynCon | Première édition | Deuxième édition |
|---|---|---|
| Surface | Un seul niveau | Deux étages |
| Exposants | Base initiale | Nombre doublé |
| Espaces dédiés | — | Salles jeux vidéo & jeux de société |
Une tête d’affiche pour les joueurs : David Bateson
La présence de David Bateson, acteur britannique qui incarne la voix du redoutable Agent 47 dans la série vidéoludique Hitman, a constitué l’un des atouts maîtres de l’organisation. Arrivé du Danemark, l’invité a fait figure d’événement pour les amateurs, les selfies et les échanges allant bon train. L’organisateur y voit un jalon dans le développement du rendez-vous.
« Je suis très content. Il arrive du Danemark […] C’est la première et peut-être la dernière fois qu’il vient au Québec pour un événement cette année », souligne Brad Davidson.
Si le circuit des conventions se dispute aujourd’hui des talents issus du jeu vidéo, de l’animation et de la bande dessinée, la présence d’une voix aussi identifiée à une franchise mondiale souligne l’ambition croissante de Rouyn-Noranda. Les visiteurs, eux, ne s’y trompent pas : entre vitrines d’objets, stands d’artistes et rencontres avec des invités reconnus, la programmation gagne en densité et en relief.
Cosplay : une communauté plus visible
Le cosplay, pratique désormais incontournable de ces rassemblements, s’est particulièrement illustré cette année. Plus nombreux, plus inventifs, les adeptes ont laissé s’exprimer les imaginaires et l’art du costume, en écho aux sagas qui nourrissent la culture pop contemporaine. La cosplayer professionnelle Bunny Bombshell faisait partie des artistes invités, contribuant au jeu de rôles et de poses qui rythme ces week-ends.
Pour de nombreux participants, l’attrait dépasse le simple défilé de costumes : c’est un moment de sociabilité, d’émulation et de transmission entre passionnés. Ainsi, deux sœurs venues de la région résument l’esprit d’une journée passée à renouer avec des plaisirs simples.
« C’est l’ambiance […] être avec une gang de passionnés comme nous, qui se déguisent, qui apprécient le moment, qui retrouvent leur joie d’enfant », confie Vanessa Grenier.
Un instantané d’une culture mondiale en mouvement
Le RouynCon s’inscrit dans une trame internationale où les salons dédiés à la culture populaire prospèrent, catalysés par le succès des franchises vidéoludiques, la vitalité de l’animation japonaise et le regain d’intérêt pour l’illustration et la BD. Ces rendez-vous, à la croisée des pratiques numériques et des rencontres physiques, fédèrent des publics variés : joueurs, collectionneurs, artisans, créateurs indépendants, cosplayeurs et curieux. Ils deviennent des lieux d’échange et de visibilité pour des artistes établis autant que pour des talents émergents.
- Un format élargi : deux étages, double nombre de vendeurs, nouveaux espaces dédiés.
- Une tête d’affiche internationale : David Bateson, voix d’Agent 47 dans Hitman.
- Un cosplay renforcé, avec des invités comme Bunny Bombshell et une communauté très active.
La journée, portée par une météo peu clémente qui a ramené les promeneurs à l’abri, a joué en faveur de la fréquentation. Signe que, malgré la profusion d’offres culturelles et numériques, l’envie de se retrouver pour célébrer en commun ses références et ses héros reste intacte. Pour l’équipe organisatrice, cette édition marque un palier ; pour les visiteurs, elle laisse l’empreinte d’un rendez-vous où l’on circule entre les univers avec une égale curiosité.
À l’heure où nombre de conventions cherchent à élargir leur empreinte, la trajectoire du RouynCon montre qu’un ancrage local, allié à des invités reconnus et à une offre participative, peut rapidement hisser un événement au rang des étapes que les fans ne veulent plus manquer. Les prochains mois diront si cette dynamique s’installe durablement, mais le signal envoyé par cette deuxième édition est clair : la culture pop continue de rassembler, et les conventions qui en font le récit gagnent en portée.