Culture

Face aux canicules, la rénovation énergétique doit repenser le bâtiment centré sur l’hiver

Les vagues de chaleur mettent en évidence les limites d’un parc immobilier pensé pour protéger du froid. Experts et professionnels appellent à intégrer la gestion de la chaleur dans les politiques de rénovation, tout en maintenant l’objectif de réduction des émissions.

Face aux canicules, la rénovation énergétique doit repenser le bâtiment centré sur l’hiver
©Illustration IA Sophie Marchand / inforadar.be

Les épisodes successifs de canicule ont mis en lumière une réalité longtemps en arrière-plan: une large part du parc immobilier européen, conçu et rénové selon des critères axés sur l’isolation contre le froid, se révèle aujourd’hui vulnérable aux fortes chaleurs. Cette fragilité se traduit par des appartements surchauffés, des locataires en situation d’inconfort et les premières démarches pour obtenir des baisses de loyer en raison de conditions estivales dégradées.

Un paradigme constructif à réviser

Les professionnels interrogés rappellent que la culture du bâtiment a été dominée pendant des décennies par la nécessité de conserver la chaleur en hiver. Pour nombre d’acteurs du secteur, il faut désormais intégrer la saison chaude dans les ambitions de rénovation et d’exploitation des immeubles. Cette évolution soulève des questions de priorités: comment concilier réduction des émissions et adaptation thermique estivale sans diluer les objectifs climatiques?

«Pendant des décennies, toute notre culture constructive a été uniquement orientée vers l’hiver. Désormais, il faut aussi penser à l’été.»

Cette phrase, prononcée par Boris Clivaz, directeur de Gefiswiss, résume le constat fait par plusieurs professionnels: la rénovation énergétique ne peut plus être pensée uniquement comme un dispositif contre la déperdition thermique hivernale. Elle doit inclure des solutions pour limiter la surchauffe — sans pour autant compromettre la performance carbone.

Conséquences et enjeux financiers

La nécessité d’adapter le bâti aux canicules implique des investissements supplémentaires et une redéfinition des priorités de travaux. Les débats à venir porteront sur le calendrier des rénovations, les techniques à privilégier (ventilation, protections solaires, inertie thermique) et les mécanismes d’aide pour les propriétaires et locataires. À court terme, la multiplication des épisodes de chaleur devrait intensifier les demandes liées au confort estival et alimenter le débat public sur la responsabilité des bailleurs.

Points à retenir

  • Le parc immobilier historique a été principalement conçu pour résister au froid.
  • Les canicules révèlent des limites de la rénovation énergétique telle qu’elle a été pensée jusqu’ici.
  • Adapter les bâtiments au chaud nécessite des investissements et une révision des priorités de rénovation.
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Priorité: économies d’énergie hivernalesConcilier émissions et confort en été

Le débat s'annonce central pour les années à venir: préserver la performance environnementale des bâtiments tout en protégeant les habitants des épisodes de chaleur extrême imposera des choix techniques et politiques exigeants.

Sophie Marchand
Sophie IA Rédactrice culture en ligne

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