Le Hainaut demeure la province où les flexi-jobs sont les moins présents, selon une récente analyse du secrétariat social Acerta. Sur la période de janvier à fin mai 2026, seuls 3,99 % des travailleurs y ont occupé un tel contrat. Seule la Région de Bruxelles-Capitale affiche un taux encore plus bas. Malgré ce retard, la tendance est clairement à la hausse: par rapport aux cinq premiers mois de 2025, la part de travailleurs en flexi-job a augmenté de 18 % dans la province.
Un taux encore faible, mais en rattrapage
Le Hainaut ferme donc la marche nationale. Pour autant, la dynamique est positive et s’inscrit dans la durée: Acerta relève une progression ininterrompue du nombre de travailleurs en flexi-job pour la cinquième année consécutive dans la province. Cette évolution est suivie sur la base d’un large échantillon de 205 000 travailleurs employés auprès de 23 000 entreprises.
L’étude souligne qu’il n’existe pas, à ce stade, d’explication univoque au moindre recours au mécanisme dans le Hainaut. Un facteur revient toutefois avec insistance: le besoin d’information, tant du côté des employeurs que des candidats flexi-jobbers.
« Nous avons fait des webinaires les quinze derniers jours […] Et on a eu un nombre important de questions sur l’utilisation et les avantages des flexi-jobbers par rapport à un autre type de contrat de travail. On va donc en refaire d’autres dès le mois de septembre pour qu’employeurs et travailleurs soient mieux informés. »
Ce commentaire d’Alain Barbier, directeur d’Acerta Hainaut, met en lumière un enjeu de compréhension du dispositif et de ses modalités pratiques.
Un profil qui vieillit
La photo sociale dressée par Acerta montre que le flexi-job attire avant tout un public plus âgé. Dans le Hainaut, 43,57 % des personnes concernées appartiennent aux classes d’âge au-delà de 44 ans. La progression la plus marquée au cours de l’année dernière a d’ailleurs été enregistrée chez les 55-64 ans, signe d’un intérêt renforcé dans cette tranche d’âge.
| Indicateur | Hainaut |
|---|---|
| Taux de travailleurs en flexi-job (janv.-mai 2026) | 3,99 % |
| Évolution vs même période 2025 | +18 % |
| Part des 44+ parmi les personnes concernées | 43,57 % |
Extension sectorielle et perspectives
Des mesures étendues, entrées en vigueur début juillet, devraient contribuer à élargir encore le recours aux flexi-jobs. Le cadre, qui se limitait jusque-là à un nombre restreint de secteurs, s’ouvre désormais beaucoup plus largement.
« Avant, il n’y avait que quelques secteurs qui pouvaient utiliser des flexi-jobs. Maintenant c’est tous sauf quelques-uns. Donc le nombre de […] »
Si l’énoncé reste général, l’idée est claire: le champ d’application s’élargit et la base potentielle d’employeurs s’accroît. Dans un contexte de tension sur certains métiers et de besoin de flexibilité ponctuelle, ce mouvement pourrait réduire l’écart qui sépare le Hainaut du reste du pays.
Information et accompagnement: leviers décisifs
Acerta met en place des actions de sensibilisation pour combler le déficit d’informations constaté. Les sessions en ligne tenues ces quinze derniers jours ont suscité de nombreuses questions pratiques. L’opérateur prévoit d’intensifier ces rencontres dès septembre, afin d’aider les entreprises et les travailleurs à mieux s’approprier le mécanisme et ses avantages spécifiques.
- Taux actuel en Hainaut: 3,99 % de travailleurs en flexi-job (janvier-mai 2026).
- Hausse significative: +18 % par rapport à la même période en 2025.
- Profil: forte présence des 44 ans et plus; accélération chez les 55-64 ans.
- Champ d’application élargi depuis début juillet, susceptible d’augmenter l’adoption.
En l’état, le Hainaut reste donc en queue de peloton pour l’adoption des flexi-jobs. Mais la trajectoire récente, l’ouverture à davantage de secteurs et les efforts d’information ciblés laissent entrevoir un rattrapage progressif dans les prochains mois.