La saison des promenades en forêts et des après-midis sur les landes belges se heurte désormais à une réalité accrue: les incendies de végétation progressent et pourraient, à brève échéance, constituer « un risque climatique majeur » pour notre pays. C’est l’avertissement émis cette semaine par le Centre d’analyse des risques du changement climatique (Cerac), à la suite d’une série d’incendies récents dont un épisode important dans le Parc national de la Haute Campine, à Maasmechelen.
Chiffres et terrains les plus touchés
Les comptages effectués cette année indiquent 71 feux de végétation recensés en Belgique. Parmi les sinistres récents, le domaine limbourgeois de Mechelse Heide a vu 8 hectares de végétation partir en fumée. Le Cerac souligne que ces incendies concernent surtout les milieux ouverts (prairies, landes, tourbières, jeunes peuplements) et se produisent plus fréquemment dans le nord du pays, notamment dans les provinces du Limbourg et d’Anvers.
« un risque climatique majeur pour le pays, d’ici 10 à 15 ans »
Les experts lient cette tendance au réchauffement climatique : températures plus élevées, épisodes de sécheresse répétés et fenêtres météorologiques prolongées favorables aux départs de feu. Le Cerac travaille avec plusieurs universités au sein du projet BelFires pour améliorer la modélisation et la gestion de ces risques.
Origines, prévention et perspectives
Les analyses montrent aussi que l’origine humaine domine largement les départs de feu : plus de 90 % des incidents recensés seraient liés à une activité humaine. Cette donnée oriente les politiques de prévention vers la sensibilisation du public, le renforcement des contrôles et l’adaptation de la gestion des espaces naturels.
- Sites les plus concernés : prairies, tourbières, landes, jeunes forêts.
- Zones géographiques : augmentation nette dans le nord (Limbourg, Anvers).
- Actions en cours : projet BelFires et lancement prochain de Fire4BE pour étudier l’évolution du combustible naturel.
Le Cerac annonce par ailleurs le lancement du projet Fire4BE l’année prochaine : il visera à mieux comprendre comment les combustibles naturels évolueront avec le réchauffement, selon les types de végétation et d’écosystèmes. Ces travaux doivent permettre d’anticiper les scénarios et d’adapter les stratégies de lutte et de prévention.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Feux recensés cette année | 71 |
| Surface citée (Mechelse Heide) | 8 hectares |
| Feux d’origine humaine | >90% |
| Horizon d’alerte | 10–15 ans |
Conséquence pratique : les autorités devront adapter leurs plans de prévention (sensibilisation, accès aux zones sensibles, moyens d’intervention) et renforcer la coordination entre services locaux et niveaux supérieurs. Pour les gestionnaires d’espaces naturels, la donnée impose de repenser la gestion des combustibles (prairies, landes, tourbières) et d’anticiper des saisons plus longues à risque.
Pour les citoyens, le message est clair : face à un risque appelé à croître, la vigilance individuelle — respect des interdictions de feu, signalement rapide des départs, bonnes pratiques lors des activités de plein air — devient une part essentielle de la réponse nationale.