Une intervention contrariée sur le Saint-Laurent
Vendredi soir à Montréal, deux kayakistes en difficulté ont été secourues grâce à l’intervention de deux citoyens en motomarine, alors que le bateau du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) se retrouvait immobilisé sur un haut-fond. L’alerte a été donnée à 19 h 01 dans l’arrondissement de Verdun, près des rapides de Lachine et de l’île Rock, après le chavirement de deux personnes en kayak dans le fleuve Saint-Laurent.
En tentant d’atteindre la zone, l’embarcation du SIM aurait heurté une roche avant de rester bloquée, a relaté Marc-André Gosselin, trésorier de l’Association des pompiers de Montréal (APM). Le chef de garde du SIM, Martin Lefebvre, n’a pas confirmé formellement ce point mais a indiqué que « ça semble être le cas ».
Des témoins filment et encadrent l’action
Face au blocage, des agents sur place ont sollicité l’aide de deux usagers de motomarine. Selon la témoin Gabriella Alanna, qui a filmé la scène, les deux citoyens se sont coordonnés pour extraire les victimes de la zone périlleuse : l’un a transporté une première personne jusqu’en sécurité, tandis que son compagnon est resté auprès de la seconde avant un retour pour la récupérer à son tour.
« Les filles sont paniquées, elles risquent de vous faire chavirer. Faites attention à vous. […] Si vous n’êtes pas capables de les prendre, dites-leur qu’on essaie de trouver une solution, qu’on ne les abandonne pas »,
peut-on entendre sur une des vidéos, une voix identifiée par la témoin comme celle d’une policière du SPVM donnant des consignes aux deux pilotes de motomarine.
Les deux kayakistes ont été mises en sécurité puis prises en charge par Urgences-santé un peu plus d’une heure après le début des événements.
Une recommandation demeurée en suspens
Ce sauvetage met en exergue des interrogations récurrentes autour des moyens adaptés aux interventions en eaux rapides. Selon M. Gosselin, une coroner avait recommandé il y a trois ans l’acquisition de motomarines par le SIM pour faire face à ce type de situation, après le décès d’un pompier lors d’un sauvetage. L’épisode de Verdun illustre, selon le représentant syndical, les limites d’équipements moins maniables dans des zones à hauts-fonds et courants puissants. Le SIM n’a, à ce stade, pas confirmé la chronologie détaillée des faits rapportés ni réagi sur l’état de sa flotte destinée aux opérations fluviales.
Zone à risques et chaîne de secours
Le secteur des rapides de Lachine est réputé pour ses courants et ses rochers affleurants, rendant délicate toute approche motorisée. Vendredi, la coopération entre citoyens et services publics a permis de stabiliser la situation avant la prise en charge médicale.
- Appel initial pour deux kayakistes chavirées à Verdun, près des rapides de Lachine.
- Embarcation du SIM immobilisée sur un haut-fond après un choc avec une roche.
- Deux citoyens en motomarine acheminés pour extraire successivement les deux victimes.
Les autorités n’ont pas communiqué de bilan médical détaillé au-delà de la confirmation que les victimes étaient saines et sauves au terme de l’intervention.
Éléments chronologiques
| Heure | Événement |
|---|---|
| 19 h 01 | Appel d’urgence signalant le chavirement de deux kayakistes |
| + ~1 h | Prise en charge des victimes par Urgences-santé |
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, tournées par Gabriella Alanna, documentent la coordination improvisée entre intervenants publics et citoyens. La confirmation officielle de l’ensemble des séquences de l’intervention demeure attendue du côté du SIM.
Au-delà de ce fait divers, l’incident relance le débat sur les moyens nautiques à privilégier pour les secours en milieu fluvial, en particulier dans des environnements complexes comme le Saint-Laurent à hauteur de Montréal. Les points soulevés par les pompiers quant à l’acquisition de motomarines — dispositifs plus légers et maniables que certains bateaux traditionnels — pourraient revenir au premier plan des discussions avec la hiérarchie du service et les autorités compétentes.