Un désaccord public entre représentants du cinéma nigérian et ghanéen met en lumière la recrudescence des pratiques de piratage qui pèsent sur Nollywood, moteur économique majeur du secteur audiovisuel ouest‑africain. L’échange, diffusé sur Instagram, oppose le producteur et directeur de casting nigérian Uchenna Mbunabo au Ghanéen James Gardiner, directeur général adjoint de la Ghana Film Authority (NFA).
Des accusations concrètes relayées publiquement
Lors de cette discussion, Mbunabo a dénoncé la diffusion non autorisée de films nigérians par des chaînes ghanéennes, notamment via le téléchargement et la mise en ligne sur YouTube, pratiques qui, selon lui, privent les producteurs d’une source essentielle de revenus. Plusieurs figures de Nollywood ont appuyé ces reproches, parmi lesquelles l’actrice‑réalisatrice Omoni Oboli ainsi que Bimbo Ademoye, Mercy Johnson et Ruth Kadiri, qui ont exprimé leur mécontentement face à des retransmissions sans accord préalable.
“J’ai constaté que les chaînes de télévision ghanéennes volent nos films et les diffusent gratuitement en toute impunité.”
Une industrie prospère mais vulnérable
Le débat survient alors que Nollywood génère des recettes annuelles importantes et contribue de manière significative au PIB nigérian. Les problèmes pointés ne relèvent pas uniquement de comportements opportunistes : ils renvoient aussi à des lacunes juridiques et à des dispositifs de protection des droits d’auteur qui restent fragiles dans plusieurs États d’Afrique de l’Ouest.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Recettes annuelles de Nollywood | 6,4 milliards USD |
| Part du PIB nigérian | ≈ 1,1 % |
Conséquences et enjeux
Les accusations publiques mettent en lumière plusieurs enjeux : la nécessité d’un cadre réglementaire régional plus robuste, l’importance de mécanismes de contrôle des diffusions sur les plateformes en ligne, et le risque financier pour les producteurs dont les revenus sont déjà fragilisés par la concurrence déloyale. L’affaire appelle également une réaction institutionnelle de la part des autorités ghanéennes, attendue par leurs homologues et par la communauté artistique.
- Acteurs concernés : producteurs, chaînes de télévision, plateformes de partage, autorités de régulation.
- Éléments en débat : respect des droits d’auteur, pratiques de diffusion en ligne, coopération régionale.
- Réponses attendues : clarifications de la Ghana Film Authority et éventuelles mesures sanctionnelles.
Au‑delà de la polémique immédiate, le dossier illustre une tension profonde entre l’expansion commerciale de Nollywood et l’adéquation des instruments juridiques et techniques pour protéger les œuvres. La manière dont les autorités et les acteurs du secteur répondront à ces accusations pourra influencer la perception et la viabilité économique de la production cinématographique ouest‑africaine dans les années à venir.