Le Vietnam va autoriser les enseignants retraités à signer des contrats à temps plein à compter du 1er septembre 2026, afin de répondre à une pénurie persistante de professeurs dans plusieurs disciplines. La réglementation précise toutefois que, pour un même poste, la priorité sera donnée aux enseignants plus jeunes. Cette combinaison vise à sécuriser la continuité pédagogique sans freiner le renouvellement des équipes.
Une réponse directe à la pénurie d’enseignants
Ces dernières années, de nombreux établissements scolaires vietnamiens ont vu les départs à la retraite augmenter plus vite que les recrutements. Les besoins sont particulièrement marqués en informatique, langues étrangères, musique, beaux-arts, sciences naturelles et préscolaire. En permettant à des professeurs expérimentés de reprendre un service complet, les autorités veulent stabiliser les équipes et limiter les classes sans titulaire.
Un contrat de plein exercice, pas de simples heures
Contrairement à la pratique antérieure – recours ponctuel aux retraités pour des heures isolées – les nouveaux contrats permettront d’assumer l’ensemble des missions d’un enseignant titulaire. Les établissements pourront confier :
- La gestion de classe et la responsabilité pédagogique sur l’année scolaire;
- La participation aux équipes disciplinaires et aux projets d’école;
- Le mentorat des jeunes enseignants et l’accompagnement professionnel;
- L’implication dans les activités pédagogiques au sens large.
L’objectif affiché est double : remédier immédiatement aux manques et maintenir la qualité de l’enseignement dans les établissements les plus sous-dotés.
Calendrier et périmètre de la mesure
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date d’entrée en vigueur | 1er septembre 2026 |
| Public visé | Enseignants retraités pouvant reprendre à temps plein |
| Priorité de recrutement | Enseignants plus jeunes pour un même poste |
| Disciplines en tension | Informatique, langues étrangères, musique, beaux-arts, sciences naturelles, préscolaire |
Des classes tenues, un transfert d’expertise organisé
Au-delà de la présence en classe, la réglementation insiste sur la transmission des savoir-faire. Les retraités à temps plein pourront accompagner les débuts de carrière et contribuer aux groupes de travail disciplinaires. Pour les familles, la perspective est celle de moins de ruptures de cours et d’une continuité pédagogique mieux assurée dans les matières où la recherche de candidats s’avère difficile.
« Je pensais qu'après ma retraite, je laisserais définitivement le tableau et la craie de côté. Mais après seulement quelques mois à la maison, je me suis rendu compte que mes élèves et l'ambiance de la classe me manquaient. »
Ce témoignage de Mme Nguyen Thi Dinh, enseignante de la province de Hung Yen partie à la retraite début 2024, illustre la disponibilité d’une partie du corps professoral senior pour reprendre du service, lorsque la santé et l’envie suivent.
Ce que cela change pour les écoles et pour les familles
Pour les directions, la mesure ouvre la possibilité de boucler des emplois du temps complets avec des profils aguerris lorsque les recrutements échouent. La priorité donnée aux plus jeunes pour un poste identique demeure un garde-fou en faveur du renouvellement démographique et de l’insertion des nouveaux diplômés. Pour les élèves et leurs parents, le principal effet attendu est la stabilité : moins de remplacements fragmentés et davantage de suivi sur l’année.
Points d’attention et mise en œuvre
La réussite dépendra de l’adéquation entre besoins locaux et disponibilité des retraités dans les disciplines en pénurie. Les écoles devront cadrer les missions et l’accompagnement des équipes pour valoriser l’expérience tout en laissant la place aux innovations pédagogiques portées par les nouveaux enseignants. Les autorités prévoient un cadre qui, en autorisant le retour à plein temps, formalise aussi la participation aux instances pédagogiques afin d’éviter une simple logique de « bouche-trous ».
À l’international, cette approche s’inscrit parmi les pistes mobilisées face aux difficultés de recrutement: sécuriser l’année scolaire avec des profils confirmés, sans renoncer à l’attractivité des carrières pour la relève. Le Vietnam mise sur une entrée en vigueur au 1er septembre 2026, avec un cap clair: répondre à l’urgence tout en préservant la priorité à la jeune génération sur chaque poste ouvert.