La vague de chaleur qui a frappé la Belgique fin juin a entraîné, selon Sciensano, environ 2 000 décès supplémentaires sur la période du 18 juin au 3 juillet inclus. Ce chiffre, révisé à la hausse par l'institut de santé publique, correspond à une surmortalité nationale de 48 % par rapport aux attentes habituelles.
Pourquoi le bilan a-t-il augmenté ?
Sciensano explique la réévaluation par deux facteurs : des décès enregistrés avec retard et l'élargissement de la fenêtre d'analyse de deux jours, après avoir constaté que la surmortalité restait élevée les quatrième et cinquième jours suivant la fin de l'épisode chaud. Le phénomène de mortalité décalée après un pic de chaleur n'est pas inédit et a déjà été observé dans d'autres pays.
« Cette augmentation s’explique par deux raisons »
Des régions inégalement affectées
La répartition régionale montre des différences marquées :
- Wallonie : surmortalité de 77 % soit 1 059 décès supplémentaires.
- Flandre : surmortalité de 31 % soit 768 décès supplémentaires.
- Bruxelles : surmortalité de 63 % soit 188 décès.
| Région | Surmortalité | Décès supplémentaires |
|---|---|---|
| Wallonie | 77 % | 1 059 |
| Flandre | 31 % | 768 |
| Bruxelles | 63 % | 188 |
Un épisode « exceptionnel »
L'institut avait déjà qualifié la canicule d'« exceptionnelle » par rapport aux précédentes. En valeur absolue et en pourcentage, il s'agit du bilan le plus lourd depuis le début des séries en 2000. Sciensano pointe plusieurs facteurs explicatifs : la durée prolongée de l'épisode, des températures très élevées et un niveau d'ozone atmosphérique élevé pendant la période, qui peuvent aggraver l'impact sur les personnes fragiles.
Pour mettre ces chiffres en perspective, la surmortalité était de 37,5 % lors de la canicule d'août 2020 et de 31 % en août 2006. Les données publiées couvrent bien la fenêtre allant du 18 juin au 3 juillet.
Conséquences et questions ouvertes
Ce nouveau bilan soulève des questions sur la préparation et la protection des populations vulnérables — personnes âgées, malades chroniques, travailleurs exposés — face à des épisodes de chaleur de plus en plus intenses et fréquents. Les autorités locales et nationales devront analyser ces chiffres pour adapter les plans de prévention, les dispositifs d'alerte et les moyens d'intervention (foyers de refroidissement, visites ciblées, information aux proches).
Enfin, la lecture fine des données dans les jours à venir permettra de mieux comprendre les mécanismes de la mortalité retardée après une canicule et d'identifier les leviers les plus efficaces pour sauver des vies lors des prochains épisodes chauds.