Le décret-programme 2, voté dans la nuit du 4 au 5 juin 2026 au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, entraîne une révision significative des droits d'inscription dans l'enseignement supérieur, provoquant une vive réaction des Écoles Supérieures des Arts (ESA).
Ce que change la réforme
Parmi les mesures contestées figure une augmentation du minerval qui concernera, selon les contestataires, la majorité des étudiant·es : 58 % d'entre eux·elles verraient leurs droits portés à 1 194 € par an dès la rentrée de septembre 2026. Pour les étudiant·es non-européen·nes, le tarif relevé passerait de 4 175 € à 5 369 € annuels.
Réactions des écoles d'art
Dans un appel collectif, les ESA affirment être « profondément impactées » par ces dispositions. Elles relèvent que, dans leurs établissements, le minerval pourra grimper, dans certains cas, de 350 € à 1 194 € par an, soit une hausse de l'ordre de 300 %. Elles pointent également l'absence de mécanisme de pondération pour les étudiant·es qui ne disposent pas d'un titre de résident permanent (domiciliation en Belgique depuis au moins cinq ans).
"REJOIGNEZ LE COMBAT CONTRE LE DECRET-PROGRAMME 2 !"
Les écoles mettent en garde contre ce qu'elles qualifient de logique mettant fin à la solidarité : selon elles, la réforme instituerait de fait une préférence nationale et favoriserait les personnes disposant de moyens financiers plus importants.
Conséquences pratiques pour les étudiant·es et familles
- Augmentation sensible du coût des études pour une large partie des inscrit·es ;
- Pression financière accrue sur les étudiant·es étranger·es et les familles modestes ;
- Risque de réduction de l'accessibilité aux formations artistiques, souvent déjà précaires.
Points de vigilance pour la rentrée
Les écoles et les associations étudiantes devraient bientôt préciser les incidences exactes sur les dossiers d'inscription, les exonérations éventuelles et les possibilités de recours. Les familles et les étudiant·es doivent rester attentif·ves aux communications officielles des établissements pour connaître :
- le montant concret applicable selon le statut de l'étudiant·e ;
- les critères de domicile retenus pour la tarification ;
- les aides financières ou mesures transitoires proposées localement.
| Situation | Tarif avant | Tarif annoncé |
|---|---|---|
| Étudiant·es en ESA (ex. cas cité) | 350 € | 1 194 € |
| Étudiant·es non-européen·nes | 4 175 € | 5 369 € |
Le débat public porte désormais sur la portée sociale de la réforme et sur l'équilibre entre, d'une part, les objectifs budgétaires et d'autre part, la préservation de l'accès équitable à l'enseignement supérieur. Les prochains jours s'annoncent importants : mobilisations, prises de parole d'organisations d'enseignant·es et d'étudiant·es, et éventuellement des demandes de clarification ou de modification auprès du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Pour les parents et les élèves concernés, il est conseillé de suivre les communiqués officiels des établissements et d'anticiper les démarches liées aux demandes de bourses ou d'aides si la hausse annoncée s'applique à leur situation.