Une vaste majorité des entreprises de taille intermédiaire (ETI) de Nouvelle‑Aquitaine ressentent d'ores et déjà les effets économiques du conflit entre les États‑Unis, Israël et l'Iran : selon une enquête conduite en juin par le Club des ETI de Nouvelle‑Aquitaine, 89 % des dirigeants interrogés déclarent subir des conséquences sur leur activité.
Un choc plus fort qu'à l'échelle nationale
Ce chiffre contraste nettement avec la situation nationale : la proportion d'ETI affectées au niveau français est de 54 %. L'ampleur perçue des difficultés est également très différente : 34 % des dirigeants régionaux jugent l'impact « significatif », contre seulement 10 % au plan national. Le profil des répondants explique en partie cette vulnérabilité : 39 % appartiennent au secteur industriel, un domaine fortement exposé aux variations des coûts de l'énergie et aux ruptures de chaîne d'approvisionnement.
Transports, énergie et approvisionnements sous pression
Les réponses précisent les postes les plus affectés : le transport et le fret international arrivent en tête, considérés comme fortement dégradés par 45 % des entreprises. L'énergie suit, citée comme fortement touchée par 32 % des répondants. Dans le détail, 59 % des ETI signalent une hausse des coûts énergétiques et 55 % subissent des tensions sur leurs approvisionnements.
- 89 % des ETI de Nouvelle‑Aquitaine disent être affectées.
- 39 % des répondants sont des entreprises industrielles.
- Les postes les plus dégradés : transport/fret (45 %), énergie (32 %).
- 59 % notent une hausse des coûts énergétiques ; 55 % rapportent des difficultés d'approvisionnement.
Quelles conséquences pour les entreprises et les ménages ?
Pour les ETI industrielles, la conjonction de matières premières plus coûteuses, de délais d'acheminement allongés et de factures énergétiques supérieures peut rapidement éroder les marges. Face à ces tensions, plusieurs réactions déjà observées : augmentation des prix de vente, constitution de stocks de sécurité, et report d'investissements. Ces stratégies limitent les risques à court terme mais pèsent sur la compétitivité et la capacité d'innovation à moyen terme.
Du côté des ménages, l'impact est indirect mais réel : une hausse des coûts de production et de transport se traduit souvent par une augmentation des prix à la consommation, notamment sur les biens manufacturés et certains produits industriels intégrant un coût énergétique élevé. Les ETI contraintes par des contrats ou une forte concurrence peuvent absorber une partie des surcoûts, mais la marge de manœuvre est limitée.
Enjeux et pistes de vigilance
La concentration du panel sur l'industrie rend la région particulièrement sensible à des chocs géopolitiques touchant l'énergie et les flux commerciaux. Surveiller l'évolution des coûts énergétiques, la santé des chaînes logistiques et les délais d'approvisionnement sera crucial pour anticiper de nouvelles répercussions sur l'emploi et l'investissement régional. Les entreprises devront arbitrer entre préservation des marges, maintien des investissements et amortissement des hausses tarifaires pour les clients.
| Indicateur | Valeur (Nouvelle‑Aquitaine) |
|---|---|
| ETI affectées | 89 % |
| Impact jugé significatif | 34 % |
| Part d'ETI industrielles dans l'échantillon | 39 % |
| Transport/fret fortement dégradé | 45 % |
| Énergie fortement dégradée | 32 % |
| Hausse des coûts énergétiques | 59 % |
| Tensions sur approvisionnements | 55 % |
Au‑delà des réponses immédiates des entreprises, les décideurs régionaux et nationaux devront suivre ces indicateurs pour ajuster les mesures de soutien, en particulier si la conjoncture énergétique et logistique se détériore davantage.