Le Maroc devrait connaître une accélération de son rythme de croissance au troisième trimestre 2026, avec un taux prévu de 5,4%, contre 4,8% lors du trimestre précédent, selon les projections publiées par le Haut‑Commissariat au Plan (HCP).
Une reprise tirée par la demande intérieure et l'amélioration du commerce mondial
Le HCP attribue ce redressement à un renforcement de la consommation des ménages, une remontée de l’agriculture et un contexte extérieur plus favorable pour certaines industries. La consommation privée devrait rester le principal moteur, avec une progression attendue de 4,9% sur un an, après +4,7% au trimestre précédent, portée par une amélioration des revenus et des conditions de financement plus favorables dans un climat d'inflation moins tendue.
« Après un premier semestre marqué par le ralentissement des filières secondaires, l’économie nationale devrait afficher un regain d’activité au troisième trimestre 2026, avec des perspectives mieux orientées pour les industries extractives et manufacturières. »
Quelles branches contribuent au rebond ?
Les prévisions sectorielles montrent un net redressement de l’agriculture et une amélioration progressive de la valeur ajoutée industrielle :
- Agriculture : forte reprise prévue, avec une hausse de 19,9% en variation annuelle au T3 2026.
- Industrie manufacturière : effet positif attendu de l'amélioration du commerce mondial, avec une hausse projetée de la valeur ajoutée de 1,8%.
- Industries extractives : conjoncture plus porteuse grâce à une demande étrangère d'engrais en reprise et un assouplissement des droits de douane sur certains marchés clés.
- Tertiaire : maintien d’un dynamisme relatif, avec une progression de la valeur ajoutée de 4,4%.
| Secteur | Variation annuelle attendue (T3 2026) |
|---|---|
| Agriculture | +19,9% |
| Industrie manufacturière | +1,8% |
| Activités tertiaires | +4,4% |
Investissement et inflation : quoi surveiller ?
L’investissement productif est aussi attendu en accélération, avec une hausse projetée de 11,1%, après +9,4% au trimestre précédent, notamment portée par des chantiers d’infrastructures portuaires, routières et hydrauliques. Côté prix, l’inflation moyenne annuelle devrait rester contenue à environ 1,2% au T3, s’inscrivant en baisse depuis son pic du printemps, sous l’hypothèse d’un cours du Brent autour de 85 $/baril.
Conséquences pour les ménages et les entreprises
Pour les ménages, la combinaison d’une inflation modérée et d’une hausse attendue des revenus se traduit par un pouvoir d’achat en léger mieux, ce qui soutient la consommation privée — première source de croissance. Pour les entreprises, la reprise manufacturière et extractive ouvre des opportunités d’exportation, tandis que l’accélération des investissements publics en infrastructures peut créer des débouchés pour les fournisseurs locaux et internationaux.
Reste toutefois la dépendance aux évolutions extérieures : l’amélioration de la demande étrangère et le prix du pétrole demeurent des variables clés. Toute détérioration rapide de ces éléments pourrait freiner la trajectoire optimiste du HCP.
Au total, les chiffres publiés par le HCP décrivent une économie marocaine en phase de redressement synchronisé entre consommation, agriculture et quelques branches industrielles, avec des gains potentiels pour l’emploi et l’investissement si les tendances se confirment.