Le Parquet européen (EPPO) a lancé des poursuites pénales impliquant un ensemble de personnes, parmi lesquelles figurent quatre députés en fonction du parti de gouvernement grec, dans le cadre d'une enquête sur des subventions agricoles attribuées en 2021.
Les faits et les personnes visées
Selon les éléments rendus publics, l'enquête préalable ouverte en 2025 à Athènes portait sur une fraude supposée touchant des aides européennes distribuées par l'agence nationale chargée des paiements agricoles, l'OPEKEPE. Le Parquet a chiffré le préjudice subi par le budget communautaire à 2,9 millions d'euros.
La procédure pénale désormais engagée concerne au total 22 suspects. Parmi eux figurent des députés en exercice dont les noms cités dans la presse locale sont : Kostas Skrekas, Katerina Papakosta, Maximos Senetakis et Christos Boukoros. Plusieurs anciens hauts fonctionnaires et collaborateurs politiques sont également poursuivis.
Décisions judiciaires antérieures et impact
Dans une phase antérieure du dossier, un tribunal d'Athènes a rendu un jugement pour d'autres prévenus non issus du monde politique : 57 personnes ont été condamnées à des peines de prison avec sursis, comprises entre un et trois ans.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Préjudice estimé | 2,9 millions d'euros |
| Nombre de suspects visés par poursuites | 22 |
| Personnes condamnées (non politiques) | 57 |
Parlement, immunité et réactions politiques
Le dossier a également touché le Parlement. Des demandes visant à lever l'immunité d'au moins deux ministres soupçonnés dans le cadre de l'enquête n'ont pas abouti : la majorité parlementaire de Nouvelle Démocratie a rejeté la levée d'immunité, ce qui a empêché la poursuite de certaines investigations contre ces responsables.
« La présomption d'innocence s'applique et les tribunaux auront le dernier mot », a souligné le gouvernement.
Contexte politique et conséquences possibles
Cette affaire survient dans un contexte de polarisation accrue de la vie politique grecque, alors que des élections nationales sont prévues en 2027 et que des spéculations existent sur une possible convocation anticipée des électeurs. L'implication de parlementaires en exercice alimente le débat public sur la transparence et la responsabilité dans la gestion des fonds européens.
- La portée financière du dossier reste modérée à l'échelle européenne, mais symboliquement sensible : 2,9 millions d'euros portent l'affaire au centre des questions d'éthique publique.
- La mise en cause de députés en exercice intensifie les tensions entre institutions judiciaires européennes et autorités politiques nationales.
- La décision de ne pas lever certaines immunités parlementaires illustre la friction entre majorités parlementaires nationales et demandes d'investigation de l'EPPO.
Le Parquet européen a pris l'initiative d'engager des poursuites dans ce dossier, marquant un nouveau stade procédural. Les personnes mises en cause restent présumées innocentes tant que leur responsabilité n'a pas été établie par une décision de justice définitive. Le suivi de ce dossier, à la fois sur le plan judiciaire et politique, sera susceptible d'influer sur le climat partisan en Grèce à l'approche des échéances électorales.