Un objectif affiché et des repères concrets
Spécialiste de la longévité depuis 1989, le chercheur italo-américain Valter Longo assume un cap ambitieux: vivre le plus longtemps possible, idéalement jusqu’à 120 ans. Directeur du Longevity and Cancer Laboratory de l’IFOM à Milan et du Longevity Institute de l’Université de Californie du Sud, il applique à lui-même les mêmes recommandations qu’il formule au public. Dans un entretien accordé à CNBC Make It, il réaffirme cette cohérence entre recherche et pratique personnelle.
« Je fais tout ce que je prône. Je ne sais pas si j’atteins complètement l’objectif, mais je pense que c’est bien d’essayer »
Pour ce chercheur, prolonger la durée de vie en bonne santé passe par un ensemble d’habitudes inspirées des populations les plus âgées et actives qu’il a étudiées. Son message central: la simplicité et la constance priment, à condition d’accepter de suivre ces lignes directrices sur la durée.
Le « longevity diet »: une base surtout végétale
Au cœur de son approche figure un schéma alimentaire qu’il qualifie de « régime de longévité », à l’intersection du régime d’Okinawa et du modèle méditerranéen. L’assiette type est dominée par les végétaux, avec un large volume de légumes, un apport modéré en fruits, et des sources de glucides complexes et de fibres via les légumineuses et les céréales complètes. Les fruits à coque complètent ce socle. Le poisson est présent plusieurs fois par semaine.
« Je recommande ce que j’appelle le régime de longévité, qui emprunte à beaucoup de choses, au régime d’Okinawa et au régime méditerranéen »
Pour les personnes de 20 à 70 ans, Valter Longo prône une réduction marquée des produits animaux: moins de viande rouge, moins de viande blanche, deux à trois œufs par semaine au maximum, ainsi que très peu de fromage et, plus largement, de produits d’origine animale. Des travaux portant sur le régime méditerranéen ont déjà associé ce modèle alimentaire à une moindre incidence du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires chez les personnes qui s’en rapprochent le plus, rappelle-t-il.
Protéines, âge et ajustements
La fondation du chercheur met en avant un repère protéique d’environ 0,7 à 0,8 g par kilo de poids corporel. Au-delà de 65-70 ans, une adaptation est proposée: accroître la part de poisson et, plus généralement, de produits animaux, dans l’objectif de préserver la masse musculaire. Ce calibrage s’inscrit dans une logique d’optimisation des apports selon l’âge et les besoins physiologiques.
| Composant | Place dans l’assiette selon Longo |
|---|---|
| Légumes | Très abondants |
| Fruits | Apport modéré |
| Légumineuses & céréales complètes | Sources régulières |
| Fruits à coque | Complément fréquent |
| Poisson | 3 à 4 fois par semaine |
| Viandes rouge et blanche | Limiter fortement |
| Œufs | 2 à 3/semaine maximum |
| Fromage/produits animaux | Très peu |
Jeûne quotidien et hygiène de vie
Au-delà de l’assiette, le chercheur structure ses recommandations autour de quelques repères d’hygiène de vie inspirés des centenaires étudiés: alimentation, jeûne, mouvement, sommeil et santé mentale. Il évoque notamment un jeûne quotidien d’environ 12 heures. Les autres piliers ne sont pas détaillés ici, mais s’inscrivent dans l’idée d’une routine simple, durable et cohérente.
Des propositions, une mise en garde: la constance
Valter Longo insiste: ces repères n’ont d’impact que s’ils sont tenus dans le temps. Il reconnaît lui-même la nécessité d’un engagement personnel sans garantie absolue de résultat, tout en assumant sa démarche.
« J’aimerais atteindre 120 ans. Mais quel que soit le résultat, ça ira. Au moins, je n’aurai pas de regrets en me disant : 'Eh bien, je n’ai pas fait toutes les bonnes choses' »
Cette approche, qui s’appuie sur des schémas alimentaires largement documentés dans la littérature scientifique — à l’image du modèle méditerranéen et de ses bénéfices cardio-métaboliques —, reste une proposition à envisager avec prudence et discernement. Elle ne se substitue pas à un avis médical ni à un accompagnement personnalisé lorsque c’est nécessaire. La clé, rappelle le chercheur, tient autant aux contenus de l’assiette qu’à la régularité des habitudes et à leur adaptation à l’âge.
Ce qu’il faut retenir
- Un régime surtout végétal, combinant inspirations d’Okinawa et méditerranéennes, avec du poisson 3 à 4 fois par semaine et très peu de produits animaux.
- Un repère protéique de 0,7 à 0,8 g/kg, ajusté à la hausse après 65-70 ans pour soutenir la masse musculaire.
- Un jeûne d’environ 12 heures par jour et des habitudes simples autour du mouvement, du sommeil et de la santé mentale, à tenir sur la durée.