La Haute Autorité de santé (HAS) propose d’imposer la vaccination annuelle contre la grippe à tous les professionnels de santé, ainsi qu’aux personnels et étudiants des structures en contact régulier avec des personnes à haut risque.
Pourquoi cette mesure ?
La HAS justifie sa position par le « fardeau » que représente la grippe pour le système de santé et par la fréquence des transmissions au sein des établissements de soins et médico-sociaux. Selon l’autorité, la circulation virale entraîne des tensions importantes, parfois au point de provoquer des mesures exceptionnelles comme des déprogrammations ou des plans blancs.
Chiffres récents
La HAS rappelle plusieurs éléments épidémiologiques marquants :
- 2023-2024 : environ 53 000 hospitalisations liées à la grippe, dont 26 500 chez les personnes de 65 ans et plus ;
- 2024-2025 : autour de 92 000 hospitalisations et un excès de mortalité estimé à 17 000 décès, la très grande majorité touchant les personnes âgées (neuf décès sur dix concernent des patients de 65 ans et plus).
| Saison | Hospitalisations | Notes |
|---|---|---|
| 2023-2024 | ~53 000 (dont 26 500 ≥65 ans) | Sources : HAS |
| 2024-2025 | ~92 000 | Excès de mortalité ≈ 17 000 |
Qui est concerné et comment déployer la mesure ?
La recommandation vise l’ensemble des professionnels de santé — salariés et libéraux — ainsi que les étudiants des filières médicales et paramédicales et les personnels travaillant dans les établissements accueillant des personnes âgées ou vulnérables. La HAS préconise un déploiement prioritaire dans les EHPAD et les unités de soins de longue durée (USLD), où les résidents sont particulièrement fragiles et exposés.
La HAS « recommande la mise en place d’une obligation vaccinale contre la grippe pour l’ensemble des professionnels de santé, ainsi que pour les autres professionnels travaillant dans les établissements de santé ou dans les établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées ».
Pour le reste des structures (autres hôpitaux, établissements médico-sociaux, pratique libérale), l’autorité propose un phasage progressif sur deux ans, renouvelable un an, afin d’en garantir la faisabilité et l’acceptabilité.
Conséquences et suite juridique
Cette recommandation ne se transforme pas immédiatement en obligation légale. La mise en œuvre dépendra d’actes réglementaires et d’un éventuel décret précisant le périmètre exact des personnels concernés et les modalités d’application. La HAS a également envisagé, sans le retenir, d’imposer la vaccination aux personnes âgées de 65 ans et plus vivant en collectivité, en raison d’un taux de couverture déjà élevé chez ces résidents (environ 82 %).
Ce qu’il faut retenir
- La HAS préconise l’obligation vaccinale antigrippale pour tous les professionnels en milieu de soins et médico-social ;
- La priorité de déploiement vise les EHPAD et les USLD compte tenu de la vulnérabilité des résidents ;
- Un calendrier progressif et des précisions réglementaires seront nécessaires avant toute mise en application.
Cette recommandation relance le débat sur l’équilibre entre protection des personnes vulnérables et acceptabilité des obligations chez les professionnels de santé ; son adoption et sa mise en œuvre dépendront des décisions ultérieures des autorités réglementaires et politiques.